samedi , 24 août 2019
<span style='text-decoration: underline;'>38 kg de kif traité découverts en mer au nord de Cap Blanc</span>:<br><span style='color:red;'>Des colis de drogue via la mer</span>
© Photo fournie par la Marine

38 kg de kif traité découverts en mer au nord de Cap Blanc:
Des colis de drogue via la mer

Les unités du groupement territorial des garde-côtes d’Oran ont découvert une quantité de 38 kilogrammes de kif traité emballée dans un colis en plastique

La découverte a eu lieu en fin de journée de samedi, au large au nord de Cap Blanc à Ain El Kerma, commune côtière rattachée à la daïra de Boutlélis. Le colis flottait en mer à 18 miles au nord de Cap Blanc lorsque les éléments des garde-côtes l’ont découvert. La drogue a été ensuite remise à la brigade de gendarmerie nationale d’Aïn El Kerma sur instruction du procureur de la République près le tribunal d’Aïn El Türck. Alors que l’étau se resserre de plus en plus au niveau des frontières ouest, les narcotrafiquants de tout bord, essentiellement les pourvoyeurs marocains, fournissent le marché européen et algérien en tentant «l’eau». Les exemples ne manquent pas. Les saisies en mer sont de plus en plus nombreuses. Tout récemment, une quantité de 55,55 kg de kif traité, emballée dans deux colis distincts, a été repêchée par les unités du groupement territorial des Gardes-côtes d’Oran, au nord de Cap Aiguille. Les deux colis contenaient des plaquettes de kif traité. Le premier est d’un poids de 17,10 kg et le second contenait 38,45 kg de kif. La drogue a été récupérée à 07 miles au nord Est de Cap Aiguille, à l’est du port d’Oran.

L’Espagne en harmonie avec l’Algérie

La drogue a été remise à la brigade de Gendarmerie nationale de Gdyel, a-t-on ajouté de même source. Au début de l’année, une quantité de 32 kg de kif traité a été saisie au large de Mers El Kebir rattachée à la daïra d’Aïn El Türck, localité située à l’ouest de la wilaya d’Oran. Cette prise a été opérée par les unités territoriales des Garde-côtes d’Oran qui ont récupéré, lors d’une patrouille en mer à 11 miles au Nord des côtes de Mers El Kebir, 32 kilogrammes de kif traité. La marchandise prohibée qui flottait sur la mer était emballée dans des colis en plastique.
Les colis de drogue seront remis, selon la procédure, à la Gendarmerie nationale. Des opérations similaires sont menées de l’autre côté de la méditerranée, très précisément au  pays catalan, l’Espagne. La Guardia Civile a démantelé une organisation criminelle spécialisée dans le trafic de drogue par mer. L’organisation introduisait du haschich marocain dans la province de Cadix, en Espagne à l’aide de bateaux de pêche. Après avoir ouvert une enquête, les agents de la Guardia Civile sont interpelés par un navire de pêche, au quai de pêche de Bonanza, à Sanlúcar.
Après avoir pêché à une heure inhabituellement matinale et s’être arrêté à 13 miles au large des côtes, il est retourné à sa base après plus de 20 heures de navigation sans prendre une seule capture. En réalité, le chalutier était en train de recevoir la cargaison en provenance du Maroc, entouré par deux bateaux en bois qui assuraient ses arrières et transportaient au quai 70 paquets de haschisch enveloppés dans des sacs en jute. La drogue était ensuite acheminée par le biais de fourgonnette munie de fausse plaque d’immatriculation dans la ville de Chiclana de la Frontera et mise à l’abri dans une garderie, zone de stockage de drogues. La pépinière était située dans une ferme appartenant au suspect principal. Le conducteur de la fourgonnette a été arrêté.

Des saisies à la hollywoodienne

La phase opérationnelle de l’enquête a été lancée et a permis de saisir le bateau de pêche en haute mer et d’arrêter tout son équipage. Dans le tas, 11 personnes ont été arrêtées et 2.000 kilos de haschich ont été saisis durant cette opération, les suspects. Jour et nuit, les patrouilles de la Guardia Civile traquent la drogue dans la baie d’Algésiras, des côtes espagnoles situées à 13 kilomètres du Maroc. Les narcotrafiquants en ont fait leur territoire. Sur l’eau, la police surveille et contrôle sans cesse, tous azimuts. Ils ont dans leur viseur les jet-ski ou certains pêcheurs connus pour aider les trafiquants.
Leur cible, ce sont des bateaux qui glissent très vite sur l’eau, des formules 1 de la mer. Sur les images filmées par la police, on voit des embarcations naviguer à une vitesse vertigineuse avec des centaines de kilos de hachich à ciel ouvert. Les courses poursuites avec la police sont redoutables, et certains narcotrafiquants en ont fait un jeu en se filmant à plus de 150km/h, pris en chasse par un bateau et un hélicoptère de la Guardia Civile. Ils sont prêts à tout pour échapper aux policiers et finissent parfois sur les plages, sous le feu des policiers au milieu des baigneurs. Les bolides des narcotrafiquants, des lanchas coûtent plus de 170 000 €. Les trois énormes moteurs ont une puissance de plus de 1 000 chevaux.
Le Maroc, premier pourvoyeur mondial
Dans les locaux de la police, un sous-sol abrite quatre tonnes de hachich saisies. Parfois, la drogue est cachée chez des habitants appelés des nourrices. La lutte contre le trafic de drogue est plus difficile dans cette région, car une partie de la population soutient les trafiquants qui aident la population. La guerre est incessante, mais perdue d’avance, de l’aveu des policiers. Depuis le début de l’année 2018, ils ont saisi 150 tonnes de haschisch, à peine 1% du trafic. Le Maroc est accablé par des rapports des organisations et des pays du monde entier l’accusant d’être le premier pourvoyeur des drogues. Le département d’État américain a révélé, dans son rapport de 2018 sur le trafic de drogue et les crimes financiers dans le monde soumis le jeudi 28 mars au Congrès américain, que le Maroc demeure le principal fournisseur de drogues vers l’Algérie.
Ainsi, le département d’État américain pointe encore une fois du doigt le Maroc qu’il considère comme le principal pourvoyeur de drogues vers l’Algérie où l’essentiel des quantités transitées est acheminé par voie maritime vers l’Europe. Le même rapport précise également que la résine de Cannabis provenant du Maroc reste la drogue la plus consommée et la plus transitée en Algérie. Le Maroc demeure le premier producteur mondial de haschich. C’est ce qui ressort du rapport annuel de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Onudc.
«L’Europe, l’Afrique du Nord, ainsi que le Proche et le Moyen-Orient demeurent les principaux marchés de la résine de cannabis, toujours produite en majeure partie au Maroc et en Afghanistan, comme le montrent les informations fournies par les États membres concernant la provenance de la résine saisie», explique l’institution onusienne. Alors que le monde entier lutte contre le trafic de drogues, le royaume reste le premier exportateur mondial de cannabis. Pis, certains responsables politiques appellent à sa dépénalisation. C’est le cas de Mehdi Bensaid, député du Parti authenticité et modernité, le PAM. Et quelle modernité prône t-il si ce n’est la légalisation de la culture du kif ! Quelle sera donc la prochaine trouvaille du voisin de l’Ouest, le Maroc ?
Mohamed Aissaoui