vendredi , 23 août 2019

Des comités de quartier à la place des APC ?

La semaine dernière, on apprenait qu’une instruction du Ministre de l’Intérieur a été adressée aux collectivités locales leur demandant «d’associer les citoyens» dans tous les choix d’investissements dans les projets d’utilité publique avant le lancement de la réalisation. Notamment en matière d’infrastructures scolaires, d’espaces verts, de stades de proximité, de bureaux de postes et autres structures sociales de proximité. A Oran, comme ailleurs, cette directive ministérielle a été diffusée au niveau de tous les secteurs urbains relevant de la commune d’Oran. Ce qui n’a pas manqué de créer ici et là une vague d’approbation, et d’applaudissement, de la part de bon nombre d’acteurs du mouvement associatif, notamment des associations et comités de quartier, qui s’estimaient jusqu’ici exclus et marginalisés par les autorités et élus locaux en charge des affaires locales. Selon les interprétations de cette note ministérielle, plus aucun projet de type école, stade ou jardin public, ne pourrait être réalisé sans l’accord préalable des représentants des habitants du quartier ou de la zone urbaine concernée. On sait que bien souvent, notamment du côté de Akid Lotfi à la sortie Est de la ville, des riverains organisent des sit-in de protestation pour dénoncer et refuser l’implantation d’un projet d’investissement sur une enclave foncière qu’ils souhaitent garder en «espaces verts» pour améliorer leur cadre urbain de proximité. Commentant cette nouvelle directive du Ministère de l’Intérieur, visant à renforcer la «démocratie participative» à travers les collectivités locales, les «mauvaises langues» se sont empressées de «ricaner», pointant du doigt des «paradoxes et des inepties» risquant d’altérer les modes de gestion et de prises de décisions par les pouvoirs publics. «Les élus de l’APC et de l’APW, sont en principe les représentants des citoyens dans les cercles de gestion et de décision en matière d’investissement et de développement local…La plupart des APC, dont Oran, ont mis en place des comités de consultation dans plusieurs domaines d’activité…On a dès lors, du mal à comprendre ces instructions qui ne servent qu’à accentuer l’amalgame et cultiver le populisme…». Cette sentence d’un ancien fonctionnaire en retraite était apparemment partagée par ceux qui demeurent septiques, voire convaincus de l’approche hasardeuse de cette instruction qui veut «transférer le pouvoir de décision» à un groupe de citoyens rassemblés en comité de quartier. Au nom de qu’elle logique et de qu’elle légitimité ?

Par S.Benali