jeudi , 19 octobre 2017

Des fortunes illicites étalées au grand jour

Lors d’une conférence de presse consacrée aux activités de la sûreté de wilaya d’Oran, le chef du service de la police judiciaire a rendu public les statistiques de ces neuf derniers mois de l’année 2017 en cours. Sur un total de prés de 920 affaires traitées, tous délits confondus en excluant les nombreux cas de ports d’armes blanches prohibées, on compte durant cette période pas moins de 710 affaires de trafic liées au trafic de drogue, soit plus de 74 % des activités.
Ces affaires abouties ont permis la saisie de 16 quintaux de résine de cannabis, 31 grammes de cocaïne et 8.691 comprimés de psychotropes. Le service de police judiciaire de la sûreté de wilaya a par ailleurs traité 81 affaires de constitution d’association de malfaiteurs, 35 autres de faux et usage de faux, 25 affaires d’escroquerie, et 8 cas de vols de véhicules.
On ne peut en premier lieu que rendre hommage aux forces de police de la Wilaya qui depuis ces dernières années ne ménagent aucun effort dans leur lutte contre la délinquance et la criminalité. Mais malgré cet engagement, et en dépit des moyens mis en oeuvre en matière de couverture sécuritaire du territoire de la wilaya, il semble bien que le fléau ne cesse de s’étendre et de gangrener des zones urbaines identifiées.
Notamment dans le domaine du trafic de drogue où l’on peut noter une hausse de l’activité mafieuse en raison de plusieurs facteurs conjugués. L’an dernier, à la même date, l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT), a indiqué dans son bilan sur le trafic de drogue que pas moins de 69 tonnes de résine de cannabis ont été saisis dont 50 tonnes, soit 77 % dans les principales wilaya de l’Ouest du pays. Et au premier rang Oran, wilaya proche des frontières marocaines et considérée depuis longtemps comme étant la principale plaque tournante du trafic de drogue à grande échelle.
Ce qui est chaque année confirmé par le nombre et la localisation des saisies, les quantités écoulées, les affaires traitées et les énergumènes interpellés ou arrêtes. La lutte contre le trafic de drogue ne devrait pas, comme le suggèrent certains «esprits éclairés» accepter des lignes et des priorités selon la «douceur» ou la «dangerosité» du produit consommé. Ce serait évidement faire le jeu des adeptes de la légalisation du cannabis qui sont de plus en plus en nombreux au Maroc et dans les pays occidentaux.
On peut, à la limite, considérer qu’un Pays puisse cultiver ce que bon lui semble sur son propre sol. Mais le Maroc, grand producteur de cannabis, est également classé depuis quelques années au premier rang des «exportateurs» de ce produit dangereux et illicite. Mais comment peut-il «exporter» s’il n’avait pas de gros «clients importateurs» contrôlant eux-mêmes un bon réseau «de distributeurs» installés hors de ses frontières ? Tout a été déjà dit et écrit sur ce terrible fléau qui ravage la société et qui génère des fortunes illicites étalées au grand jour sous le ciel de notre belle Cité…

S.Benali