dimanche , 15 décembre 2019

Des lenteurs à bannir

En août 2015, il y a donc un peu plus de trois ans, c’est la ville d’Oran qui a été retenue pour l’organisation des prochains Jeux méditerranéens en 2021. L’événement, aussitôt inscrit au programme d’action des responsables et des acteurs concernés, avait alors mobilisé l’opinion oranaise autour de ce «nouveau défi», en raison notamment des effets et des impacts positifs escomptés, sur l’évolution urbaine et l’amélioration du cadre de vie collectif. Trois ans plus tard, et à près de deux ans et demi du rendez-vous de cet événement sportif international, la rue et l’opinion oranaise, semblent avoir perdu un peu de leur intéressement, et de leur «croyance» aux vertus miraculeuses de l’organisation des JM, sur l’état des lieux de leur cadre urbain.
Tant il est vrai, que trop d’interrogations et trop de non-dits, ne cessent de s’accumuler, gonflant le climat de doute marquant la scène locale. On se souvient, que juste après la «victoire» de la candidature d’Oran à l’organisation des J.M, l’ancien Wali en poste, avait lancé avec humour, «maintenant que nous avons les jeux, il faut préparer la mariée…». Il ne croyait pas si bien dire, mais c’était semble-t-il, sans compter sur les éternels tâtonnements, les carences et le laxisme ambiant, qui depuis des années pénalisent les politiques de gestion et de développement local. Par ailleurs, estiment les observateurs avertis, la «mariée» nécessite un très vaste plan d’intervention, pour qu’elle puisse un jour présenter un visage correct et agréable… «Nous avons des garanties d’engagement financier de la part des hautes autorités du pays, qui ont fait des JM 2021 une priorité», déclarait alors le responsable en poste à l’époque, précisant que «le budget répondra au financement des axes prioritaires de développement». Notamment, celui des transports avec les extensions planifiées du tramway, le nouvel aérodrome de l’aéroport d’Oran qui devait être livré en juin 2017, le projet du futur métro d’Oran, toujours dit «en cours d’étude», l’achèvement de la pénétrante reliant le port d’Oran à l’autoroute Est-ouest.
On a annoncé également en 2015, la finalisation d’un plan d’action, devant permettre à la ville de rattraper les retards enregistrés dans certains projets d’aménagement et d’amélioration urbaine, notamment en matière de viabilisation de certains sites, de réfection de voiries, de réhabilitation de vieux immeubles et restauration de façades de bâtiments et édifices et d’amélioration du cadre urbain dans plusieurs cités et quartiers de la ville. Aujourd’hui, beaucoup partagent leurs vives inquiétudes sur l’évolution des chantiers et des projets, estimant que les trois ans de temps qui reste, risquent de ne pas suffire à l’achèvement total de tous les programmes. Des programmes amputés au départ de certains projets, mis en veilleuse en raison de la conjoncture marquée par la baisse drastique des recettes pétrolières.
Et s’il fallait aujourd’hui dresser un bilan, on ne peut en toute objectivité, faire l’impasse sur les nombreuses actions et opérations qui traînent en longueur depuis des années, pour de multiples raisons liées aux lourdeurs bureaucratiques et aux dysfonctionnements, d’un mode de gestion locale, truffé de carences, d’incohérences et parfois même de dérives.

Par S.Benali