vendredi , 19 avril 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Leur syndicat l’a révélé, hier</span>:<br><span style='color:red;'>Des magistrats refusent de superviser la présidentielle</span>
© AFP/Getty Images

Leur syndicat l’a révélé, hier:
Des magistrats refusent de superviser la présidentielle

Ce boycott a reçu un soutien actif de plusieurs avocats, notamment les «figures de proue» du mouvement populaire, dont Mostefa Bouchachi, Salah Dabouz et Noureddine Bensissad.

Réunis, hier, devant le siège du ministère de la Justice, quelques dizaines de juges répondant à l’appel du Club des magistrats algériens ont marqué leur refus de cautionner la démarche du président de l’Etat qui a, rappelons-le, annoncé la tenue de l’élection présidentielle pour le 4 juillet prochain. Le Club, dont on ne connaît pas grand chose, notamment son poids au sein du corps de la magistrature, a purement et simplement exprimé l’intention de ses adhérents à ne pas superviser le prochain scrutin. Lu par Merzougui Saâd Eddine, juge d’instruction près la Cour de justice d’Oued Souf et porte-parole dudit Club, le communiqué est on ne peut plus clair: «Convaincus que le juge est le fils du peuple et son serviteur, qu’il juge en son nom et pour lui et en réponse aux revendications populaires, nous, membres du Club des magistrats algériens, avons décidé irrémédiablement de boycotter la supervision des élections présidentielles du 4 juillet 2019», a indiqué le magistrat. «Nous refusons de faire un faux témoignage pour des élections dont les résultats sont connus d’avance», a insisté le magistrat.
Il reste que ce boycott a reçu un soutien actif de plusieurs avocats, notamment les «figures de proue» du mouvement populaire, dont Mostefa Bouchachi, Salah Dabouz et Noureddine Bensissad. Devant ce parterre «de choix», le porte-parole du Club des magistrats a rappelé l’engagement de son syndicat en faveur du mouvement populaire. «Nous avons été parmi les premiers et les seuls parmi les hauts fonctionnaires de l’Etat à refuser de superviser les élections du cinquième mandat et nous sommes les seuls qui avons demandé la démission du Président de la République», a-t-il dit.
Les magistrats et avocats ont surtout réclamé «l’indépendance réelle de la justice», «l’ouverture d’enquêtes sur la corruption» et l’arrêt des «sanctions» subies par des magistrats. « Notre détermination à demander le changement ne faiblira pas et ne sera pas démentie, quelle que soit la situation car nous appelons à la justice», a assuré M. Merzougui.
«Nous affirmons que ces pratiques périmées émanant de mentalités haineuses, ne diminueront pas notre détermination à réaliser l’indépendance réelle de la justice et nous considérons ces sanctions comme des distinctions honorifiques et un impôt qu’il faut payer à notre lutte pour réaliser le rêve des Algériens consistant en une justice efficace et impartiale», a-t-il affirmé.
Il convient, enfin de souligner, que ces avocats et magistrats, rejoints par des notaires et des huissiers de justice, ont exprimé leur engagement à rester mobilisés jusqu’à la satisfaction de leur revendication, à savoir «l’indépendance totale de la justice qui garantit l’Etat de droit».
Brandissant des emblèmes aux couleurs nationales, les robes noires scandaient des slogans relatifs à la consécration de la démocratie et de la justice. Parmi les autres revendications, figure notamment «la lutte contre la corruption à travers l’ouverture des dossiers liés à ce phénomène, sans pressions de la part des autorités».
Nadia Limane