mercredi , 27 mai 2020

Des paramètres à résoudre pour… éviter le pire

Depuis la confirmation de son premier cas de contamination au coronavirus, le 18 mars dernier, Oran n’a pas cessé de grimper dans le pénible classement des wilayas atteintes par l’épidémie. En 10 jours, le 28 mars, la capitale de l’Ouest ne comptait pas moins de seize cas de contaminations annoncés sur le site officiel dédié au covid 19. Un site reprenant l’information officielle, sans attrait et sans intérêt pour le visiteur qui ne se dirige au final que vers une «carte épidémiologique» donnant des chiffres au jour le jour, sans aucune analyse statistique ni donnée en temps réel sur les situations diverses que traversent les structures hospitalières en cette conjoncture difficile.
A Oran, rares, très rares sont les médecins praticiens privés qui ont gardé leurs cabinets accessibles aux malades. Une femme enceinte demeurant au quartier HLM/USTO raconte, la larme à l’œil, son désarroi face à l’absence du gynécologue qui la suivait jusqu’ici avant de «disparaître», sans même répondre au téléphone indiqué sur ses ordonnances. Une autre malade, atteint d’un début de cancer abdominal, a eu recours au seul médecin accessible dans le quartier, une pédiatre, pour savoir ce qu’elle devait faire en l’absence de l’oncologue qui devait examiner les dernières analyses et prescrire une procédure de traitement. Beaucoup témoignent de cet hallucinant «vide médical» installé ici et là et qui pénalise gravement les malades «ordinaires» devant soigner des pathologies plus ou moins graves.
La plus ancienne des médecins privés installée aux HLM/USTO accueille toujours les femmes et les enfants malades avec toutefois, des mesures de précaution et de vigilance strictes. «Comment refuser de consulter un bébé malade… ou une patiente que je suis, elle et sa famille depuis trente ans ?…» rétorque-t-elle à ceux qui s’étonnent de la voir encore en activité et de ne pas fermer son cabinet. On sait par ailleurs, que l’arrêt de l’activité des médecins privés, signalé ici et là à travers les quartiers, ne peut qu’accentuer les pressions sur l’Hôpital public bien occupé évidement par le suivi des cas suspects d’infection au Covid 19.
Une simple observation de la courbe d’évolution du nombre de cas permet de constater la progression exponentielle qui risque fort de s’aggraver. Au delà des mesures urgentes prises en matière d’organisation et de fonctionnement des structures hospitalières devant faire face à l’épidémie, des observateurs avertis notent, avec angoisse, que bien de contraintes et de paramètres restent encore à résoudre pour … éviter le pire.
Par S.Benali