vendredi , 23 août 2019

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Des raisons d’espérer

Les Algériens ont vécu sur un nuage pendant 72 heures. Avant, pendant et après le match héroïque des Verts, il n’y avait de place que pour la joie et la fierté de tout un peuple qui a relégué au second plan tous les autres sujets. L’équipe nationale de football occupait toute la place, tous les esprits et tous les cœurs. Il n’y avait aucune parole discordante durant ces trois jours de folie où les Algériens ont bien bombé le torse face au monde entier et ont bruyamment et gaiement manifesté leur immense bonheur et leur fierté d’appartenir à ce grand pays.
Il est vrai que ces moments de joie collective sont rares dans l’histoire des Nations, et leur rareté fait exploser ce genre de comportements de fierté qui peut parfois aller jusqu’à l’excès. Mais pour une fois, l’excès est excusé et aucune fausse note n’est venue assombrir ce long moment de délire collectif partagé sur le sol national mais aussi un peu partout où se trouve dans le monde la diaspora algérienne, que ce soit en France, en Belgique, en Grande Bretagne et même dans les lointaines Canada, Australie et ailleurs, ont retrouvé cette fierté d’être Algérien et d’appartenir à ce grand pays.
Onze héros et leur entraîneur ont donné au peuple le plus beau des cadeaux. Un exploit qui dépasse l’épopée héroïque des Mahrez et Cie, car il fut un tsunami de bonheur incommensurable emportant des millions de personnes et que ne peuvent supporter les seules frêles épaules de nos guerriers du désert. Ils ne pouvaient croire que leur exploit pourrait renverser tout un pays et le faire basculer à ce point dans l’irrationnel du bonheur total.
Il faut certes, quelques temps encore pour se remettre de cette belle folie collective et revenir à des choses de tous les jours. A ce quotidien d’un pays qui cherche depuis 5 mois déjà, une sortie à sa crise politique. D’immenses réalisations ont été faites, d’incroyables bouleversements ont été accomplis, mais presque tout reste à faire. Il faut sortir avec un minimum de dégâts et surtout avec une projection résolue vers des changements profonds qui répondront aux attentes de ces millions d’Algériens mobilisés depuis le 22 février pour que se concrétise cette nouvelle République tant rêvée.
Les bonnes intentions des uns et des autres sont palpables au quotidien et les contours d’un dialogue sérieux et responsable semblent bien engagés pour satisfaire les revendications des Algériens qui veulent être les seuls maîtres de leur destin et voir leurs voix peser dans le choix de leurs futurs gouvernants, à commencer par le prochain président de cette nouvelle République.

Par Abdelmadjid Blidi