samedi , 20 octobre 2018

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Des relations très particulières

Les relations politico-économiques algéro-françaises connaissent ces derniers mois un tassement qui ne passe plus inaperçu. Si les deux gouvernements disent préparer activement la prochaine réunion du Comité mixte économique algéro-français (COMEFA), il n’en demeure pas moins que l’atmosphère ambiante ne semble guère confirmer l’enthousiasme affiché par les deux ministres des Affaires étrangères. Mais cette baisse de dynamisme constatée dans les échanges économiques, n’est pas pour décourager Alger et Paris qui ont certainement conscience de l’inéluctabilité d’une convergence de vue entre les deux pays. L’axe Alger-Paris n’est pas encore véritablement né et il est clair qu’il doit être mis en place tôt ou tard. C’est la conviction des politiques mais également des observateurs des deux côtés de la Méditerranée qui estiment qu’objectivement, la situation ne peut que s’améliorer au finale. Les deux pays sont donc condamnés à s’entendre.
En fait, les «coups de grisous» que connaissent périodiquement les deux Etats n’ont jamais « tué » les relations algéro-françaises. Les négociations avancent doucement mais sûrement sur pas mal de dossiers. Il n’y a jamais eu, ces dernières années, de rupture définitive. Et pour cause, finalisés des projets voient le jour. Pas au rythme souhaité mais la machine algéro-française n’est pas sur cale, même si à Alger, comme à Paris, on peste contre le temps perdu. L’un des aspects le plus « sûr » du partenariat économique est cette volonté de développer en Algérie une véritable industrie automobile qui soit en tout point de vu comparable à ce qui se fait ailleurs dans le monde, quoi qu’en disent les détracteurs. Un réseau de sous-traitants et d’équipementiers locaux viendront alimenter la future usine de Renault et également celle de Peugeot. Cela pour dire que ce qui se construit entre l’Algérie et la France est un précieux acquis qui finira par consolider efficacement le rapprochement entre les deux pays.
En fait, même si présentement on n’attend pas grand-chose de la prochaine COMEFA, il y a lieu de souligner qu’entre les deux pays, l’on a vu de très belles réussites qui confirment justement le principe du gagnant-gagnant. Cela pour dire que les atouts ne manquent pas pour garantir la réussite du partenariat algéro-Français. Il reste que le chemin pour aboutir à pareil objectif est encore long. On pensait connaitre un coup d’accélérateur dans les relations entre les deux pays, avec l’arrivée de Macron à l’Elysée, mais il faut croire qu’il en faut plus.

Par Smaïl Daoudi