vendredi , 19 avril 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Des trottoirs détournés au su et au vu de tous à Oran-Est </span>:<br><span style='color:red;'>Des squatters profitent du «hirak» pour construire des extensions en dur</span>

Des trottoirs détournés au su et au vu de tous à Oran-Est :
Des squatters profitent du «hirak» pour construire des extensions en dur

La trêve imposée par le «hirak», profite aux squatters de tous bords à Oran et ses périphéries. Le squat des espaces publics et des parties communes, reprend de plus belle dans nos cités et les squatters n’hésitent désormais devant rien pour détourner le moindre mètre carré.

Des piliers et des murs poussent sur les trottoirs. Il ne s’agit pas d’un film de fiction, mais ce spectacle désolant se déroule en ce moment à Haï Es Sabah dans la cité 350 logements Mostefaï Souleimane attribuée au début des années 2000 aux enseignants et travailleurs de l’enseignement supérieur. Plusieurs habitants n’ont rien trouvé à faire que de détourner des trottoirs entiers pour ériger des extensions anarchiques sans être inquiétés par les services concernés qui n’ont pas bougé le petit doigt pour arrêter ce massacre. Profitant de la trêve imposée par le «hirak», certains squatters semblent devenir de plus en plus audacieux et ils ne reculent devant rien pour s’approprier illicitement les espaces publics. Un habitant a ainsi détourné près de 20 mètres carrés du trottoir pour s’offrir un jardin intérieur avec courette. Il a ainsi érigé des murs en béton pour s’accaparer cet espace public. Le plus malheureux, est que ce squatter est devenu l’exemple à suivre pour ces voisins qui se sont ainsi lancés dans des chantiers pour s’offrir des jardins ou des extensions de leurs appartements. Certains, poussent la dérive jusqu’au bout en construisant des locaux commerciaux sur le trottoir. Ainsi, un squatter a érigé non seulement un local mais trois sur l’espace public. Cet énergumène s’est accaparé plus de 60 mètres carrés du trottoir et il ne compte pas s’arrêter là ! «A ce rythme, il va bientôt détourner la chaussée», lance en colère un riverain. Un autre, qui habite pourtant au premier étage, a construit des piliers sur le trottoir pour supporter une extension illicite de son appartement. Un troisième, qui a détourné il y a quelques années le trottoir pour ériger un garage pour sa voiture, a lancé un autre chantier pour construire un R+1 sur le trottoir. Des piliers en béton ont été coulés sur ce garage pour supporter une nouvelle dalle. Outre le squat de l’espace public, ces extensions anarchiques risquent de fragiliser les fondations même de ces constructions réalisées il y a une vingtaine d’années par des sociétés locales. Le slogan du hirak «yatnahaw ga3», est ainsi devenu dans cette cité «nessqwatou ga3» les trottoirs.
H.Maalem