dimanche , 15 décembre 2019

Désordre du système global de gouvernance locale

Face au déficit d’information et à l’opacité qui entoure souvent certains dossiers de gestion de patrimoine foncier et de choix d’affectation de grandes parcelles de terrain, les rumeurs et les spéculations les plus insolites ne cessent de circuler au sein de l’opinion locale. Fatalement, le malaise s’ajoute parfois à la colère chez tous ceux, nombreux qui se considèrent exclus et marginalisés, privés de leur droits élémentaires en matière d’accès au logement, à la santé, ou au confort d’un cadre urbain agréable, à la hauteur d’une collectivité locale digne de ce nom. Au delà des théories et des exposés pédagogiques sur la croissance urbaine, l’environnement ou la stratégie de développement, les citoyens anonymes restent surtout attentifs aux résultats observés sur le terrain des actions annoncées et programmées par les décideurs en charge de répondre à leurs attentes et à leurs revendications. En la matière, bien trop de dossiers demeurent encore en suspens, pénalisés, on le sait, par les lenteurs et les dysfonctionnements d’une administration bien incapable de traiter les affaires locales dans la cohérence, la rigueur et l’efficacité requise dans tous les domaines d’intervention. Le récent effondrement d’une vielle bâtisse qui a coûté la vie à un homme et à son épouse, permet, au delà du drame, d’illustrer l’ampleur du déficit qui règne depuis des décennies dans la gestion, l’organisation et la coordination entre les différents services et Institutions locales. On a pu suivre sur les réseaux sociaux différents commentaires pointant du doigt la Wilaya, la direction du logement, la protection civile ou la Mairie. En réalité, face au désordre d’un système qui ne clarifie en rien les attributions et les responsabilités des uns et des autres, chacun peut évoquer sa version et tenter de «sauver sa tête» si toutefois on devait s’attendre à d’éventuelles sanctions. Le Maire d’Oran, connu pour son attachement à la Ville et son total engagement au service des oranais, n’a jamais cessé de plaider, et de lutter, pour l’éradication de tous les «points noirs» qui ternissent l’image de la Cité. Mais comment croire que la Mairie, aujourd’hui, est en mesure de faire évacuer des familles occupant illégalement un site quand on connait non seulement l’ampleur du déficit en logement, mais aussi l’impossibilité pour l’administration communale de répondre à ce genre d’injonctions sans l’intervention et les moyens de bien d’autres structures décentralisées de l’Etat. A leur tête, les services de la Wilaya.

S.Benali