mardi , 7 avril 2020

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Différends dites-vous

Les grands de ce monde se réunissent à Biarritz sur les frontières franco-espagnoles. Une rencontre du G7 que l’on dit difficile et tendue entre les alliés occidentaux. Une observation qui pourrait être vraie, mais qui ne peut être aussi tendue que cela, car les intérêts entre ces pays sont beaucoup plus grands que les quelques frictions qui peuvent jouer le grain de sable dans une rencontre qui fatalement finira par arranger tout le monde.

Il faut dire que ces pays, au-delà de ce qui peut les diviser, ont encore plus important et plus grand à se partager, car en réalité ils se partagent le monde. Et le monde est un gâteau beaucoup plus grand pour se perdre dans des chamailleries et des sauts d’humeur qui ne pèsent pas très lourd face aux immenses intérêts de l’heure et de toujours.

Peut être que le plus grand drame de ces pays, et peut être le seul, c’est qu’ils soient dirigés aujourd’hui par ce que qualifiait en son temps Paul Balta « l’ère des médiocres ». Encore qu’à cette ère là, il y avait des présidents qui étaient encore de vrais poids lourds. Mais aujourd’hui on a ce qu’on a, c’est-à-dire des Donald Trump ou des Boris Johnson qui sont loin de connaitre tout l’art et la subtilité du politique et de la diplomatie. Nous sommes là dans ce qu’il y a de plus bas dans la chose politique, et ce n’est que là que se situent ces fameux différends que nous chantent à longueur d’année les spécialistes du monde d’aujourd’hui. Car en mettant de côté la personnalité des dirigeants du G7, il n’y a pas autant de crises et de tensions que cela. Du moins entre les puissants de ce monde. Car ailleurs, qu’en leurs pays, ils savent créer les crises et les tensions.

Les rôles dans la domination de ce monde sont bien partagés entre les uns et les autres et chacun veille scrupuleusement à ne pas empiéter sur les plates-bandes de l’autre. A la France l’Afrique, aux Américains le Moyen Orient et une grande partie de l’Asie, aux Italiens la Libye, l’Ethiopie et une bonne partie de la corne de l’Afrique, aux Allemands les affaires juteuses dans la quasi totalité de la sphère sud, et il l’en est ainsi pour chaque membre de ce G7 qui décide de tout dans le monde et n’a pas autant de différends que ce l’on veut bien nous faire croire.

A Biarritz donc, il y aura peut être quelques éclats de voix, mais ce ne sera rien d’autre et rien de plus qu’un autre sommet pour bien se partager ce monde et ses richesses. Pour les fameux différends, il faut repasser un autre jour. Car le fond de l’histoire n’est qu’une histoire d’intérêts.

Par Abdelmadjid Blidi