samedi , 4 avril 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Il a présenté, hier, devant les députés le plan d’action du gouvernement </span>:<br><span style='color:red;'>Djerad propose un nouveau pacte</span>

Il a présenté, hier, devant les députés le plan d’action du gouvernement :
Djerad propose un nouveau pacte

Vaste programme que l’exécutif promet de mener à bien grâce à une dynamique globale et «un nouveau pacte» qui sera concrétisé par «le triptyque développement humain, transition énergétique, et économie du savoir et du numérique».

Le gouvernement Djerad a l’intention de frapper fort et insuffler une dynamique économique soutenue dés les premiers mois de la mandature du président de la République. Le Premier ministre n’a pas fait dans la nuance, en présentant, hier, son plan d’action aux députés de l’APN. «Le Gouvernement saura faire face, avec responsabilité et constance, à la situation difficile et délicate que connaît le pays au plan socio-économique», dira-t-il face à une Assemblée clairsemée qui, soit dit en passant, ne l’a pas ménagé lors de la séance des questions de députés. Mais avant cela, le chef de l’exécutif annonce des impératifs et veut donner le change en faveur d’une démarche sans concession. Il dira à ce propos que son gouvernement veillera à éliminer les «dérives ayant marqué la gestion des affaires publiques de l’Etat et des incidences négatives des forces inconstitutionnelles sur la décision politique et économique du pays». Un engagement qu’il sera difficile d’apprécier, même si les indices peuvent se faire jour.
Le Premier ministre qui ne veut pas rester dans les généralité, s’embarque dans le discours chiffré et fait remarquer que la situation financière du pays reste «fragile», à cause de «l’aggravation du déficit budgétaire en 2019, la hausse du déficit de la balance commerciale à 10 milliards de dollars fin 2019, le recul des réserves de change de plus de 17 milliards de dollars et la hausse de la dette publique intérieure qui a atteint 45% du PIB contre 26% en 2017». Une situation que les experts qualifient de problématique à plus d’un titre. Et M.Djerad y ajoute : «l’incidence financière importante résultant des décisions et engagements pris en 2019, qui s’élève à 1.000 milliards de DA, en l’absence des financements nécessaires à leur couverture». Ces chiffres «désespérants »n’ont pas empêché le gouvernement d’y croire grâce «aux profondes réformes politiques et socio-économiques» que propose le plan d’action du gouvernement, lui-même inspiré du programme du président de la République.
Le premier ministre souligne, à ce propos, les «plans sectoriels d’urgence» à mettre en œuvre en vue d’améliorer les conditions de vie des citoyens, notamment dans les régions éloignées.
Il a promis, en outre, une rupture avec «toutes les pratiques révolues dans la gouvernance politique et socio-économique, ayant mené à une destruction méthodique des entreprises économiques et à la marginalisation de compétences». Vaste programme que l’exécutif promet de mener à bien grâce à une dynamique globale et «un nouveau pacte» qui sera concrétisé par «le triptyque développement humain, transition énergétique, et économie du savoir et du numérique». L’objectif final du gouvernement, à travers le plan d’action, consiste à libérer les initiatives dans tous les domaines, a souligné le Premier ministre, non sans afficher un optimisme assumé. «A l’instar de nos aïeux parmi la génération de Novembre qui ont pu réaliser, ce que beaucoup pensaient irréalisable, à savoir: l’affranchissement et l’indépendance, je ne doute point que la génération d’aujourd’hui est capable de remettre l’Algérie sur la voie du progrès et de la prospérité», dira-t-il avec conviction.
Plus concrètement, Abdelaziz Djerad annonce l’élaboration d’un projet de loi de finances complémentaire (PLFC) 2020 en vue d’annuler «des dispositions fiscales injustes» contenues dans la loi de finances (LF) 2020. «J’ai proposé au président de la République la préparation d’un projet de loi de finances complémentaire en vue de traiter les dysfonctionnements contenus dans la LF2020», a affirmé le Premier ministre, relevant au passage que la loi de finances 2020 contient «des dispositions fiscales injustes envers les salariés exerçant au Sud et certaines professions libérales seront annulées». Des dispositions qui, a-t-il dit, tendaient «à semer la confusion».
Nadera Belkacemi