lundi , 9 décembre 2019

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Economie… C’est aujourd’hui ou jamais

Il est temps de comprendre et d’admettre que la manipulation gangrène insidieusement notre quotidien politique et social. Venu de nulle part, de l’extérieur et des ramifications internes solubles et diluées au sein même du Hirak, ce courant rampant fluide, incolore et inodore nous est inoculé pour un objectif simple, voire simpliste : celui de faire perdurer la situation actuelle. Et qu’elle s’inscrive dans l’inconnu.
Bien sûr, personne, aucune force politique et surtout pas le gigantesque et noble mouvement populaire ne se sent manipulé. L’Homérique Révolution pacifique née de la spontanéité et de la prise de conscience d’avoir été bluffée durant un quart de siècle par un régime insatiable a sauvé l’Algérie. A travers le monde, les peuples démocratiques honnissent les dépositaires du pouvoir central, à plus forte raison lorsqu’il fourmille de sangsues. Les enfants d’El DjazaÏr les ont lessivés, proprement, dignement, créant un mode de révolution aux effets planétaires, qui ont forcé l’admiration et le respect de la planète entière. Sauf qu’à présent, des urgences quasi pressantes, à la limite de la gravité doivent être prises en considération par la Révolution pacifique que l’Algérie, à travers toutes ses classes sociales, toutes ses profondeurs territoriales et intellectuelles a inscrit dans l’histoire de l’humanité.
Il s’agit de la situation économique actuelle. « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser des tombeaux », disait Napoléon 1er. Et justement, l’économie nationale exige que le mouvement populaire, ainsi que la société civile lui prête attention. Il n’y a de révolution que là où il y a conscience. Et dans cette conjoncture économique sensible, tous les acteurs de la vie politique, du Harak aux spécialistes en la matière doivent se focaliser prioritairement sur une sortie express de crise politique. Des jalons ont été posés pour sauver notre économie de la détresse annoncée pour l’année 2021, si, maintenant ou jamais, un plan Orsec n’est pas dressé. La transition présente qui s’ouvre sur les élections présidentielles du 12 décembre prochain, entièrement organisées par l’instance autonome depuis sa préparation, son déroulement et jusqu’à sa surveillance, sans le regard de l’exécutif actuel ni autre institution administrative officielle s’offre comme une passerelle logique vers un dénouement de la problématique nationale. Même en termes de priorité, sauver notre économie chancelante et éviter le crash que les ennemis de l’Algérie, en externe comme en interne (et oui !) impose la mobilisation générale. Economiquement, nous sommes en réanimation. Et nous ne retrouverons des couleurs que si expressément, un chef d’Etat entouré de visages publiquement respectées, transparentes et respirant la compétence, émerge sous le consensus du peuple et sur le sceau de la démocratie.
Si depuis l’étranger, les médias annoncent « une cessation de paiements » pour notre pays, nos indicateurs économiques ne prônent pas l’enthousiasme. Le prix du baril de Brent s’est déprécié de 46% en 4 ans, passant de 116 dollars à 62 présentement. 45 milliards de dollars, c’est la facture des importations en 2019, un danger jamais contenu par les gouvernements truffés d’experts en corruptions. Nos réserves de change ont terriblement fondu, et ce n’est pas en raison du réchauffement climatique. Elles atteindront le seuil critique de 60 milliards de dollars fin 2020, et, selon de nombreux spécialistes, ce cash devrait disparaitre fin 2021. Alors, continuerons-nous à rejeter n’importe quelle solution susceptible de nous éloigner d’une impasse économique sournoise? Il faut être réaliste, l’actuel gouvernement ne pouvait inscrire de nouveaux projets, ni prendre de décisions spectaculaires, se cantonnant dans son statut de transition. L’avenir de l’économie doit impérativement être pris en charge par le prochain exécutif, sous la houlette du futur Président de la Nouvelle République Algérienne lors des prochaines élections. Je dirais presque pour des raisons alimentaires.
Entre temps, le projet de la Loi des Finances 2020 vient d’être présenté par le ministre concerné, Mohamed Loukal. J’en retiens trois points : le taux de la TVA ne changera point, le train de vie de l’Etat baissera de 20% et des systèmes efficaces de surveillance sont mis en place afin de contrôler les performances financières. Autrement dit la transparence des marchés publics.
C’est la première fois qu’une loi des finances aborde cet aspect. Les leçons ont été retenues, mieux vaut tard que jamais.
Par Fayçal Haffaf