dimanche , 15 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Mostaganem </span>:<br><span style='color:red;'>El Fallah, premier groupe scout musulman</span>

Mostaganem :
El Fallah, premier groupe scout musulman

A l’occasion de la commémoration du soixante-seizième anniversaire, de l’assassinat de Bouras Mohamed, fondateur de la fédération algérienne des scouts musulmans algériens, par les forces colonialistes françaises, évoquons la création, du premier groupe scout El-Fallah à Mostaganem.

Au début des années 1930, des jeunes musulmans algériens regardaient avec envie, les scouts français de Mostaganem, particulièrement les jours fériés, quand ils défilaient en tenue. Et en 1936, le défunt Laredj Berriati et quatre de ses camarades étaient au cinéma, quand Pathé journal, (les actualités), présenta le roi d’Egypte Farouk, en tenue scout avec tarbouche. Ils étaient tellement heureux, qu’ils ont décidé le soir même, de constituer avec d’autres jeunes une patrouille. En adoptant les chéchias, (témoignage fourni par Berriati Laredj, qui poursuit avec Benkadadra Ali, Abdelkader Belhelouche, Belhamissi Abderrahmane, Hachelaf Senouci. Ils ont constitué la maîtrise. Bendana était parmi les éclaireurs de France, il nous procura un manuel scout, et nous demanda de l’employer en secret, pour ne pas s’attirer des ennuis. Et nous avons commencé à activer en francs tireurs. Dès le début, nous avons été encouragés, par un militant du Parti du Peuple Algérien, (PPA), Bekhlouf Abdelkader et un cafetier, Belbachir Madani, qui mit à notre disposition, le local situé au-dessus de son café maure. Nous avions des jeunes adhérents, nous possédions un local et un manuel scout. Il nous fallait élaborer des statuts, avec certains mécènes adultes, réunis un comité de patronage, pour être en règle vis-à-vis de la loi. Ainsi fut formé le premier comité : Président : Berachène, vice-président : Meziane Mahieddine, secrétaire : Belhamissi Abderrahmane, trésorier : Berriati Laredj. Nous ignorions alors, qu’en Algérie, d’autres musulmans faisaient du scoutisme. En 1937, le groupe El Ikbal de Blida, organisa le camp d’été à la plage. Ils étaient une troupe et une meute. Les louveteaux firent sensation dans la ville de Mostaganem. Certains n‘avaient pas huit ans. Aussi, les parents de nos scouts, nous demandèrent de lancer une meute. Ce que nous fîmes. C’est le groupe de Blida, qui nous informa de la situation scout à Alger et à Miliana. Il donna notre adresse à Bouras, dont nous reçûmes un jour la visite. Et c’est moi, (Laredj Berriati), qui l’ai reçu à la gare, où nous avons pris une photo souvenir. Au congrès de 1939, à Alger, nous avons été représentés, par notre président Berachène. Nous savions par des amis, que nous faisions l’objet d’une surveillance attentive de la police, qui a essayé plusieurs fois de nous intimider, à propos des chants en arabe et des amis PPA, qui nous rendaient visite au local. Le président en sera découragé et je lui ai succédé. En 1941, nous avons aussi reçu la visite de André Noël, du scoutisme français, qui nous a proposé d’adhérer aux éclaireurs de France, « si nous voulions continuer à faire du scoutisme ». Indiquons, selon des témoignages, que le groupe scout El Fallah était noyauté, par une dizaine de militants du PPA, dont principalement, Bekhlouf Abdelkader. Ce groupe scout était chargé, de la distribution des tracts du PPA, à la sortie du cinéma. Le scoutisme était une école à tendance politique, nettement nationaliste, et un nombre important de scouts a participé activement, à la guerre de libération nationale, et aux préparatifs de son déclenchement. A indiquer, que Bouras Mohamed, leader du scoutisme algérien, a été assassiné à Alger, le vingt sept mai 1941, par la soldatesque coloniale. Et les doyens scouts de Mostaganem, commémoreront jeudi prochain, le soixante-seizième anniversaire de son assassinat.
Nous y reviendrons.

Charef.N