mardi , 28 janvier 2020

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Éloigner la guerre et installer le dialogue

Les Libyens d’abord, les Turcs, les Italiens et enfin les Égyptiens ont défilé à Alger pour travailler à une solution rapprochée concernant le conflit libyen qui menace toute la région. L’Allemagne qui abritera la conférence internationale sur le problème libyen a aussi tenu à inviter le président Tebboune à prendre part à ces travaux.
Il faut dire que le poids de l’Algérie et sa position mesurée compte beaucoup aux yeux des acteurs intérieurs et extérieurs de ce conflit. Alger a de tout temps refusé toute intervention militaire étrangère en Libye, comme elle a toujours privilégié la solution pacifique entre les Libyens eux mêmes. Car il faut dire, que dans ce dossier, et malgré les précipitations des uns et des autres, les voies de la diplomatie et du dialogue sont loin d’avoir été épuisées, et qu’une sortie négociée reste toujours sur la table. Cette position d’Alger a toutes les chances de convaincre. D’ailleurs, les Turcs et les Russes à travers leurs présidents respectifs, ont appelé à une trêve entre les belligérants. Il est vrai que les deux Capitales soutiennent le GNA d’Essaraj pour les premiers, et le maréchal Haftar pour les seconds et peuvent avoir de l’influence sur eux. Il faut aussi ajouter ici, les Égyptiens et les pays du Golfe.
Mais à voir de plus prés, la solution avancée par Alger intéresse de plus en plus. Et le ballet diplomatique auquel nous assistons depuis ces trois derniers jours, confirme cette tendance et l’intérêt manifesté par ces puissances vis-à-vis de la position de l’Algérie qui reste une puissance qui pèse dans la région sahélo-magrébine.
Cette crainte d’escalade a fait bouger plusieurs Capitales européennes qui tentent de rattraper le temps perdu et comptent travailler plus avec Alger, qui revient sur la scène internationale et pousse vers une solution à ce conflit loin de tous ces tambours de guerre, qui n’ont fait que monter ces derniers mois, et notamment depuis le début de l’offensive des troupes du maréchal Haftar qui sont déjà aux portes de Tripoli, mais qui rencontrent une résistance farouche, dans une guerre qui a fait plusieurs morts dont une grande partie sont des civils.
Le défi aujourd’hui est de faire taire les armes et d’amener les deux camps en conflit à s’assoir autour de la table des négociations. Ce qui aura pour conséquence, non seulement d’instaurer la paix en Libye, mais aussi et surtout d’éviter à la région entière d’entrer dans une longue phase d’instabilité. Une instabilité qui menace sérieusement aussi bien le Sahel, le Maghreb, mais aussi la rive nord de la Méditerranée.
Par Abdelmadjid Blidi