vendredi , 23 août 2019

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Enjeux et calculs

Un dialogue est sensé se dérouler entre des parties qui ne partagent pas les mêmes positions, mais qui ont des points en commun qu’ils pensent pouvoir mettre en avant autour d’une table. Le but donc est de voir les meilleures possibilités pour que les uns et les autres fassent des concessions pour pouvoir avancer et éviter un blocage sec et dangereux pour l’équilibre général de tout pays.
Un dialogue est aussi un tour d’horizon entre ce qui partage et ce qui divise deux parties. Car, s’il n’y a pas deux parties ce n’est plus un dialogue, mais un monologue et une perte de temps qui ne peut cacher que des intentions malsaines. Dans le cas d’espèce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est-à-dire celui de l’Algérie, il est un peu bizarre de voir certaines parties refuser tout dialogue avec les instances constitutionnelles en place et ce, sous différents prétextes qui, il faut se le dire, ne tiennent pas la route, car, elles sont teintées de visées trop étroites pour prétendre servir les intérêts suprêmes de toute la Nation.
Alors dire que l’on est pour le dialogue tout en refusant qu’il y ait une partie en face, c’est plutôt burlesque et insensé. Dans ce cas-là, il faut s’assumer et clamer clairement que le but recherché n’est qu’un forcing pour se placer même si c’est au détriment du bien commun général. Dire que l’on est pour le dialogue et continuer dans l’entêtement du «yatnahaw gaâ», est un peu dur à comprendre. C’est même à la limite immature et dangereuse, car, ce n’est-là qu’une complication encore plus périlleuse pour la stabilité du pays, que l’on cherche à vider de toute représentativité institutionnelle et constitutionnelle. Autrement dit, c’est une invitation au chaos et à l’anarchie que les Algériens ne peuvent aucunement accepter.
Tout n’est pas clair. Et manifestement la sortie de crise tant espérée par les Algériens n’est pas du goût de certains qui se complaisent dans cette situation, qu’ils pensent pouvoir les servir et servir leurs intérêts.
Ils peuvent pour cela mettre en avant les grands idéaux de la liberté et de la démocratie, mais ce n’est-là qu’un paravent qui cache mal leurs profondes intentions qui n’ont rien à voir avec cela, mais qui ne servent qu’à induire en erreur un peuple, qui quoi que l’on dise, finira par comprendre la supercherie et poussera vers cette sortie de crise qui ne peut se matérialiser qu’à travers un dialogue franc, sincère et totalement dévoué aux seuls intérêts du pays et de sa stabilité.

Par Abdelmadjid Blidi