mercredi , 24 juillet 2019

Espoirs, illusions et défis

La première semaine de la nouvelle année 2019 s’achève déjà, annonçant la couleur d’une tranche de vie collective qualifiée comme toujours de porteuse d’espoir, de promesses… et de grandes illusions. Comme au début de chaque nouvelle année, 2019 a fait l’objet des mêmes vœux et des mêmes espérances partagées. Ceux parmi les plus fragiles et les plus démunis qui peinent contre un quotidien difficile, rêvent d’une année 2019 plus clémente, porteuse d’un peu plus de justice et de changement dans la répartition des richesses et des projets portés ici et là par le train du progrès et du développement local.
A Oran, comme sans doute ailleurs, l’odeur et l’ambiance du nouvel an sont déjà oubliées, et 2019 s’annonce avec les mêmes défis, les mêmes contraintes et les mêmes déficits difficiles à résorber. Des milliers de familles sans abris ou mal-logées exprimeront encore leur angoisse, ou leur colère, devant le siège d’une institution locale. Les opérations d’attribution de logements aux occupants des bidonvilles et aux sinistrés du vieux bâti se poursuivront, mais resteront encore bien insuffisantes à résoudre la crise et à répondre aux nombreuses attentes. Des opérations de relogement qui ne peuvent cacher l’amère réalité du terrain oranais marquée par des lenteurs et des retards dans l’avancement des projets. Certes, on ne peut oublier et nier les efforts engagés et les résultats enregistrés ayant permis d’atténuer quelque peu les pressions sociales sur le foncier et l’immobilier.
On se souvient qu’en 2008, il y a déjà plus de dix ans, presque toutes les artères du quartier El Hamri étaient condamnées et bloquées par des tentes et des baraques de fortune dressées sur la voie publique par de vrais et de faux sinistrés. Mais du chômage au logement, en passant par l’école, l’hygiène publique, le cadre urbain délabré, et la hausse vertigineuses des prix, la nouvelle année qui s’installe offrira, sans doute elle aussi, son lot d’angoisses et de questionnements. Ce qui fait dire aux mauvaises langues attitrées, qu’à l’exception des bénéficiaires de logements de recasement, une grande majorité d’oranais ne retiendront sans doute pas grand chose du bilan de l’année 2018 écoulée. Tant il est vrai que l’attention de l’opinion reste braquée sur les questions épineuses, parfois douloureuses, qui ponctuent l’actualité. Le Fléau de la Harga et ses nombreuses victimes, la maladie qui frappe le cheptel ovin, la grève annoncée au secteur de l’éducation, la hausse du trafic de stupéfiants et bien d’autres sujets angoissants jalonneront encore l’actualité de l’année en cours.

Par S.Benali