mercredi , 21 novembre 2018

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Faut-il croire le roi ?

Le récent message du roi Mohamed VI ouvre une perspective intéressante, en ce sens qu’elle permet d’entrevoir une issue à l’impasse que le royaume a créé de toutes pièces dans les relations algéro-marocaines. Celles-ci, étant centrales dans l’épanouissement socioéconomique toute la région, l’offre du roi peut-elle être considérée comme un pas dans l’édification du Maghreb ? Peut-on pousser l’audace jusqu’à considérer le message de Mohamed VI comme une fenêtre ouverte sur l’UMA ? Ce serait mal connaître les tendances complotistes de Rabat qui a souvent agité le drapeau blanc, tout en gardant une dague derrière le dos.
Mais sachant qu’en politique tout est possible, la chute du mur de Berlin et le rapprochement entre les deux Corées en attestent, tous les messages doivent être pris au sérieux, étudiés convenablement et suivis sur le terrain. C’est dire que l’initiative du roi Mohamed VI n’engage à rien, mais peut être retenue comme une base de travail et confrontée à la position algérienne sur le dossier des relations bilatérales, comme celui du Sahara occidental. Que le roi veuille passer, sous couvert de normalisation des relations entre Alger et Rabat, un autre agenda, histoire de forcer la main à son voisin, est une entourloupe dont le royaume est passé maître, ces 43 dernières années. Mais rien n’oblige à croire à une ruse, tant que les éléments de celles-ci ne se fassent pas jour.
Ce qu’on retiendra de ce nouvel épisode, c’est la grande disponibilité de l’Algérie à l’égard de son voisin. Il y a dans l’attitude et le discours d’Alger, une constance, arguant que les responsables Maghrébins sont dans l’obligation à travers une coopération intra-région, à trouver des solutions à tous les problèmes sociaux et économiques qui minent chaque pays du Maghreb et qui pourraient trouver leurs solutions dans une intégration que les peuples de la région appellent de leurs vœux.
Une réaction des dirigeants mauritanien, libyen et tunisien serait salutaire, puisqu’elle mettrait le roi du Maroc au défi de mettre de côté le dossier sahraoui et construire véritablement une Union maghrébine. Mais combien même, on verrait un réveil des consciences politiques, rien n’est encore totalement acquis. Mais l’espoir de voir un nouveau Maghreb émerger, est de mise. En fait, l’Union du Maghreb n’est pas si utopique que cela.

Par Smaïl Daoudi