mardi , 7 avril 2020

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FINALEMENT, LE FOOTBALL REND FOU DE SES EXTRAPOLATIONS DOUTEUSES

Trop de bruit, trop de clivages et d’animosités, trop de contradictions et d’incohérences: notre football abreuve la fanfare des images navrantes et poussives dont se gavent médias et publics internationaux totalement éberlués. La guerre froide enclenchée entre la nouvelle fédération algérienne de football version Zetchi et la ligue professionnelle du commandant de bord Mahfoud Kerbadj, s’est distribuée comme un prospectus. Les deux personnalités avaient célébré un mariage contre nature au printemps 2017. Leur quotidien exhumait de malaise, de tensions permanentes, de pourrissement, jusqu’à mouler leurs rapports dans un désordre impénitent. Un spectacle dont l’intense exposition médiatique à travers les journaux et les plateaux de télévision abreuvaient la consommation grand public et… les sphères politiques impuissantes, en raison des statuts internationaux de l’association FAF. Il importe de rappeler qu’au mois d’août dernier, bien avant l’enclenchement de la saison 2017-2018, le nouveau patron du sport roi national et son ainé de la Ligue «Pro», commençaient à se détester poliment pour des questions d’approches et de pouvoir de décision. Le lot des accusations mutuelles, de mensonges, de jugements de valeur et de guerre de communiqués, gerbaient périodiquement en fonction de l’actualité. Un spectacle affligeant proposé en 3D à la rue et relayé à l’international avec tout ce que son impact et ses lectures politiques engendraient pour l’image du pays.
Dans cette ambiance et ces rapports délétères et alors que les championnats de l’élite n’avaient encore rebondi, la FAF commença à fouiner dans les textes régissant la relation entre la FAF et la LFP. Déjà. Elle remise sous le coude cet article 7-1 des statuts de la LFP mentionnant que «la mission de gestion des compétitions, dévolue à la LFP par délégation de la FAF, est régie par une convention signée entre le deux parties», en juillet 2011. L’alinéa 7-3 de ce document, mentionne que la FAF s’octroie le pouvoir de suspendre la LFP en cas de violation des lois et règlements en vigueur, de non respect des statuts, des programmes et objectifs tracés par la FAF, ainsi que des dysfonctionnements graves dans la gestion de ses attributions. Et comme cette convention stipule également que «le retrait de la délégation par la FAF entraîne automatiquement la suspension de l’organe délibérant de la LFP», la menace de la FAF pesant sur la tête de Kerbadj, a été actionnée.
Cependant, si les hostilités entre Kheirreddine Zetchi et Mahfoud Kerbadj montaient en puissance, les deux hommes ne se croisant presque jamais, d’aucuns ne s’attendaient au divorce définitif. Les erreurs accumulées par la LFP dans la recherche des solutions aux problèmes évoqués par les clubs professionnels, grevaient hebdomadairement l’objectivité des décisions.
Particulièrement en termes d’équité. Dans ce parcours, des brèches consenties par la LFP en direction de beaucoup de présidents de SSPA gâtés et profitant à outrance des gentillesses de Kerbadj, notamment dans la programmation des matches en retard et dernièrement dans les autorisations de qualification anormalement accordées dernièrement à des joueurs au cours de ce mercato hivernal, déblayaient inexorablement la route à la révocation de la LFP, du respectable et dévoué haut commis de l’Etat. Ces faveurs sont la goutte qui a fait déborder le vase. Même si le conflit ininterrompu  entre Zetchi et Kerbadj en constituait la mèche explosive.  Dans leurs rapports avec Mahfoud Kerbadj, les patrons des clubs «pro» sacrifient toujours leur orgueil et les résultats de leurs enseignes footballistiques au détriment des attributions de l’ex-pensionnaire en chef de la LFP. Tout le problème des rapports tumultueux entre la FAF et la LFP découlent de cette aversion d’arranger certains enfants chéris et capricieux du football national. Ces acteurs qui brassent l’argent de l’Etat, plus grave encore, la jeunesse, détiennent une part de responsabilité dans le divorce entre la LFP et la FAF.
Dans cette affaire, ce sont les enjeux connus qui éclatent à la face de la société spectatrice mais pas naïve des intérêts en jeu. Dans cet esprit, personne n’a jamais compris par exemple pourquoi la LFP gère les compétitions mais pas l’arbitrage, ce contre pouvoir, ces galeries des arrangements et des intérêts. Encore une source de conflits qui ont étuvé un énorme quiproquo, rapidement transformée en une marmite qui bouillonnait pour tout  naturellement exploser.
 Institutionnellement, la première structure a repris son bien. C’est comme une voiture qu’on louait et qui vient d’être reprise. De se extrapolations douteuses. Manifestement, le football rend fou.

Par Fayçal Haffaf