samedi , 20 octobre 2018

Gestion des dossiers «bidonvilles» et «vieux bâti»

Hier on apprenait, que quelques 1600 logements seront très bientôt distribués, au profit des habitants du bidonville de Sidi El Bachir. Cela n’a pas manqué de provoquer la colère de plusieurs familles qui se sont déclarées injustement exclues de l’opération. Et comme à chaque fois, en pareille circonstance, des «représentants» de ces familles contestataires font le tour des rédactions de journaux pour faire entendre leur voix et revendiquer leur «droit au logement». « Nous sommes tous des habitants de la localité de Sidi El Bachir, et ces familles n’ont pas d’autres endroits où aller. Leur exclusion signifie qu’ils se retrouveront à la rue avec leurs enfants », affirme l’un des représentants, ajoutant que toutes les familles en question habitent les lieux depuis 2016, et auraient donc été recensées en 2016. On constate au passage, que l’on est bien loin des dispositions annoncées, il y a quelques temps par le discours officiel, et qui fixait l’échéance des recensements, pour un relogement, à la fin de l’année 2007. On sait que Sidi El Bachir, l’un des plus anciens douars installés sur la périphérie qui ceinturait la ville d’Oran « miséreux », a depuis l’indépendance, connu de nombreuses opérations de démolition de baraques et de recasement. Ce fut ensuite les constructions et les «régularisations» foncières, qui allaient permettre au douar de devenir une véritable agglomération urbaine, en périphérie de la grande ville. Les opérations de démolition de bidonvilles, après relogement des occupants ne suffiront jamais à elles seules à éradiquer le phénomène généré, non seulement par les multiples facteurs économiques et sociaux, que l’on connait, mais aussi, voire surtout, par l’échec et la faillite du système de gestion et de régulation, de la croissance urbaine. Depuis une dizaine d’années à Oran, des milliers de familles vivant dans un habitat précaire ont été relogées sous un toit décent. C’est évidement là une grande action à l’actif de l’Etat et des pouvoirs publics qui ne peut être que saluée et applaudie par tous les Algériens épris d’égalité et de justice sociale. Mais cela ne permet pas, pour autant, de crier victoire et d’affirmer que la Capitale oranaise va être enfin guérie de tous ses maux et ses fléaux qui gangrènent le cadre urbain central et périphérique. A Oran, bien plus qu’ailleurs, le programme d’éradication des bidonvilles est resté, depuis des décennies, limité et pénalisé par un manque de rigueur et de continuité dans les actions de récupération et d’occupation par l’Etat des espaces squattés par les baraques illicites. Au laxisme des gestionnaires élus aux commandes des mairies s’ajoute la fuite de responsabilités et l’absence de l’autorité de l’Etat qui n’a jamais pu ,ou jamais voulu, mettre un terme aux pratiques mafieuses d’une faune de prédateurs qui ont investi ce créneau d’accès au logement neuf par la vente illégale de lots de terrain et de baraquements construits parfois en l’espace d’une nuit. Bon nombre d’opérations de recensement, menées par le passé, avaient à chaque fois soulevé des vagues de colère et de protestation face au nombre important «d’intrus» et de faux-occupants de bidonvilles, inscrits sur les listes d’attente d’un logement neuf. Le fléau de la prédation et de la corruption n’a évidement pas épargné les créneaux de gestion des dossiers «bidonvilles» et «vieux bâti».

Par S.Benali