mardi , 21 novembre 2017

«Hargua estivale 2017» Un douloureux bilan !

Dans la seule nuit de jeudi à vendredi dernier, pas moins de soixante-dix candidats à l’émigration clandestine, ont été interceptés au large d’Arzew, Mostaganem et Oran, par les forces navales de la façade maritime ouest. Le phénomène de la «hargua» souvent mortelle, semble reprendre de l’ampleur, en ces derniers jours de beau temps, avant l’arrivée de l’hiver. Pour plusieurs harraguas voulant rejoindre l’Espagne, l’aventure vire souvent au cauchemar quand l’embarcation de fabrication artisanale se renverse au large, bien loin du littoral. Le week-end dernier, trois des naufragés étaient toujours portés disparus, tandis que les recherches étaient lancées pour les retrouver. Au large de Béni-Saf, quinze autres candidats à la hargua, sont restés longtemps égarés en pleine mer, après une panne du moteur de leur embarcation. Selon un officier du groupement des Garde-côtes du littoral oranais, «les interventions d’interception ou de sauvetage des personnes à bord d’embarcations, voulant atteindre les cotes espagnoles, n’ont jamais été aussi nombreuses que cet été et se poursuivent, même durant ces premiers jours de mauvais temps… Fatalement, on compte beaucoup plus d’accidents de barques qui chavirent, de panne en pleine mer…». On comprend dès lors, le volume et l’importance des efforts, engagés par ces unités d’intervention en mer, qui avant tout, tentent à chaque alerte, de sauver la vie à des dizaines de jeunes algériens, séduits par les sirènes de l’émigration clandestine. Un fléau, qui ne cesse de prendre de l’ampleur au rythme des désillusions et des misères sociales, nourries par le chômage et le dénuement. Mais également, par la mal-vie et le renoncement, forgé par toutes les formes d’injustice, de passe-droits, de hogra, de copinage ou de filouterie, dans les affectations d’avantages sociaux divers, allant du prêt ANSEJ aux locaux commerciaux, en passant par le logement. «Je n’ai pas pu me marier car, je partage un F3 avec mes parents et mes cinq frères et sœurs… Je vis du trabendo et de la revente de produits divers…malgré toutes mes démarches, je n’ai jamais pu bénéficier d’un local, d’un prêt bancaire ANSEJ, ni même un emploi d’insertion ou une place dans un marché couvert…ni encore moins d’un logement «. Ces confidences, d’un rescapé d’un naufrage, lors d’une Hargua avortée, un jeune résidant à la cité des 1240 lgts de l’USTO, résument à peu près, les douloureuses motivations, de bon nombre de candidats à l’émigration clandestine.

Par S.Benali