jeudi , 23 janvier 2020

....:
Ici ou ailleurs, la vie devient chère

L’Office national des statistiques a rendu public hier, le chiffre de l’inflation. Cet important indice macroéconomique est de 4,5% au mois d’octobre dernier. Mais si l’on posait la question aux Algériens sur le ressenti qu’ils avaient à la même période, par rapport aux hausses des prix, ils démentiraient ce chiffre. C’est juste du ressenti, diraient les statisticiens de l’ONS, mais cela reste un point de vue que les pouvoirs publics devraient prendre au sérieux. Les Algériens ressentent une baisse de leur pouvoir d’achat bien plus importante que les indices officiels, c’est un fait. Mais cela n’empêche pas que la société constate la hausse des prix, mais tout en prenant son mal en patience. Les citoyens savent qu’ailleurs dans le monde, les peules ne sont pas au mieux de leur forme. Le mouvement des gilets jaunes en France, renseigne assez bien sur les difficultés qu’éprouvent les classes moyennes à joindre les deux bouts. En un mot comme en mille, la vie semble devenir presque intenable aux quatre coins de la planète.
Chez-nous comme ailleurs, la colère qui couve. Il suffit d’interpeller n’importe quel travailleur algérien pour se voir décrire des conditions de rémunération en contradiction totale avec les discours des pouvoirs publics quant à la satisfaction des revendications salariales. On en est à ce point, dans une forme de contradiction qui ne semble pas prête de disparaître, même en maintenant, voire, en renforçant les subventions en vigueur. On peut aller jusqu’à se poser la question de savoir, combien de travailleurs sont dans la situation d’impasse financière, à voir les prix qui se pratiquent pour certains produits de large consommation. Il faut dire que régulièrement, tout le monde a déjà croisé dans un magasin, un citoyen qui se plaint de plus pouvoir joindre les deux bouts. Disons que c’est la même rengaine: un travailleur aux portes de la retraite avec un salaire inimaginable au 21e siècle. C’est dire que l’inflation dont on a tellement parlé, aurait pu être autrement plus importante si le gouvernement avait effectivement suivi les recommandations du FMI. Le ressenti en aurait été catastrophique.
Les plaintes que l’on entend ici et là sont la preuve par quatre que la politique salariale du gouvernement a quelque chose de déséquilibré, au sens où l’on observe tous les dix ans, une forte baisse des pouvoirs d’achat que l’on corrige par des décisions politico-administratives, dans l’effet ne dure pas plus d’une décennie. Cela plonge des centaines de milliers de familles dans une sorte de désarroi. Mais disons aussi que cela n’est pas l’apanage du gouvernement algérien, puis qu’ailleurs, on a vu pire.

Par Smaïl Daoudi