jeudi , 12 décembre 2019

Il était une fois «Batimat Talian…»

Il y a quelques temps, à l’époque de l’ancien Wali Boudiaf devenu plus tard ministre de la Santé, on parlait de récupérer la grande assiette foncière, une fois «débarrassée» des immeubles de «Batimat Etalian» devant être démolis, pour en faire, disait le responsable, un «mini-Wall Street», un grand centre d’affaires regroupant des banques et des organismes financiers… Il s’agissait en réalité d’engager un mouvement d’affectation de ce foncier à très haute valeur urbaine et marchande, au seul profit d’opérateurs et d’investisseurs privés potentiellement ciblés pour leurs aptitudes à répondre aux exigences du vieux système de cooptation et de prédation qui semble ébranlé depuis ces derniers mois. Pour les pseudo-libéraux radicaux, qui foisonnent sous le ciel de la capitale oranaise, l»acquisition des terrains et enclaves urbaines ne répondait en réalité à aucune préoccupation économique majeure en termes de création de richesse et d’emploi, mais plutôt à la seule envie et volonté de s’enrichir d’avantage, plus vite et plus facilement. La corruption, les passe-droits et les privilèges indus octroyés par certains décideurs installés à tous les niveaux de la gouvernance présumée, ont ainsi permis la dilapidation des richesses foncières urbaines et péri-urbaines, au seul profit des capitaux d’origine douteuse et de l’argent sale. A Oran, les plus anciens savent, et se souviennent de bon nombre de scandales fonciers, à l’époque étouffés, impliquant des «notables» et des personnalités connues sur la scène locale. La décision de raser les immeubles de la cité dite « Batimat Etalian», mitoyenne à la résidence officielle de la wilaya, a été prise afin de «nettoyer» cet espace urbain très convoité de ce «point noir» occupé depuis quatre décennies par les premiers recasés des immeubles en ruine de Sidi El Houari. L’amiante présente dans la construction des vieux pavillons italiens, la clochardisation du cadre collectif, l’insalubrité persistante, le fléau du trafic de kif, le chômage et la délinquance sous toutes ses formes ne pouvaient que «justifier» la démolition de cette cité. A la grande joie des grands prédateurs en attente. Mais c’était sans compter sur le nouvel élan populaire de remise en cause d’un système de prise en charge mafieuse des destinées du Pays. Le Maire d’Oran, M. Norreddine Boukhatem, était l’un des rares responsables locaux, voire même le seul, à avoir à l’époque demandé l’aménagement de l’assiette foncière de «Batimat Talian» en grand parc urbain doté de légères structures de détente et d’aires d’animation culturelles et artistiques. Un projet repris aujourd’hui, mais curieusement inscrit à l’actif des autorités de Wilaya, et non pas de l’A.P.C et de son Président, qui pourtant, très souvent, mettent sur la table des projets et des initiatives d’aménagement dignes des attentes et des ambitions de la Cité. A suivre.

Par S.Benali