vendredi , 22 novembre 2019

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Il faut un début à tout

On tourne en rond et fatalement, on finira par glisser. La situation qui prévaut au pays a de quoi inquiéter de plus en plus. La rue continue de manifester chaque vendredi et de crier son refus de toute solution qui vient du pouvoir. Le dernier discours du président de l’Etat par intérim, a reçu la même réponse que ses deux premiers. Pas question de dialogue avant le départ de «gaa». Autrement dit, on est en pleine impasse et le temps qui passe ne règle pas les choses mais les complique bien plus et bien dangereusement.
Entre la rue qui reste un magma de positions et de sensibilités diverses et hétéroclites, on aurait espéré voir la classe politique prendre ses responsabilités et agir en élite politique digne de ce nom. Malheureusement à cette heure, les partis politiques ont fait le choix de suivre la tendance et de fermer la porte à tout dialogue et à toute discussion. Autrement dit, on fait toujours dans les petits calculs et on préfère continuer à draguer la rue au lieu de se positionner clairement pour ce qui est encore plus important, à savoir le destin de tout un pays.
Il ne s’agit pas de dire oui à tout ce qui vient du pouvoir actuel, mais d’être plus pragmatique et d’avancer sincèrement vers des solutions, et non des blocages comme c’est le cas aujourd’hui. Ceux qui croient que l’impasse d’aujourd’hui et le pourrissement qui en suivrait jouent en leur faveur, se trompent de stratégie et de calculs. Le peuple en se mobilisant à ce point depuis plus de trois mois, ne veut pas voir cette situation s’éterniser. Il a exprimé et exprime toujours clairement ses revendications, dont la plus importante reste la rupture totale avec le régime qui a dirigé le pays depuis l’indépendance.
Ceci clairement exposé, c’est maintenant aux élites politiques de se pencher sur les meilleures solutions possibles afin d’aller vers cet objectif avec le moins de dégâts possibles. Un choix qui suppose une certaine dose de courage et de responsabilité qui reste à ce jour absente chez nos politiques qui mélangent la drague de la rue avec les intérêts suprêmes du pays. Il faut savoir poser ses conditions et oser avancer car, cette situation de blocage ne peut servir personne et nuit beaucoup et dangereusement à l’avenir du pays.
Rien ne peut se faire du jour au lendemain, mais il faut un début à tout, et il est plus que temps de commencer à engager les mécanismes de sortie de crise et d’aller vers des solutions consensuelles.

Par Abdelmadjid Blidi