samedi , 23 novembre 2019
Impunité, laxisme et absence de l’Etat

Impunité, laxisme et absence de l’Etat

Les services de l’APC de Bir El Djir ont procédé la semaine dernière à la démolition d’une quarantaine de constructions illicites, en cours de réalisation sur le site du vieux bidonville de Sidi El-Bachir, rasé il n’y pas si longtemps. On sait que pas moins de 1 600 familles occupant ce grand bidonville ont été relogées, et un «comité de veille» a été installé au lendemain de la démolition pour «surveiller» l’état des lieux des assiettes foncières récupérées. On se souvient également que l’ancien wali d’Oran avait ordonné la construction d’un mur de clôture autour du site en attendant le lancement d’un projet de construction de 2.000 logements LPA sur l’assiette récupérée. Comment dés lors comprendre et expliquer la résurgence d’une cinquantaine de premières baraques illicites sur ce même espace censé être protégé? Il faut évidement saluer les efforts des services de l’APC de Bir El Djir qui ont finalement entamé une opération de démolition, après intervention et insistance du Wali d’Oran qui ne cesse de rappeler à chacun son rôle et sa mission et à mettre chaque acteur face à ses responsabilités. On a appris également que sur d’autres sites de bidonvilles démolis, notamment à «Hayet Regency» et aux Planteurs, des dizaines d’habitations illicites ont été construites sur les terrains récupérés, malgré les instructions et les mesures dictées par les autorités locales pour empêcher toute nouvelle construction sauvage. Il est vrai que le bidonville, devenu presque synonyme d’accès à un logement neuf, nourrit le rêve de familles mal logées mais attise aussi les appétits et les convoitises de pas mal de requins en quête de gain facile, organisés en véritables réseaux mafieux.
Des énergumènes qui ne reculent devant rien pour tenter une opération de construction et de vente de baraques illicites à des citoyens bernés par les promesses et le slogan «Très peu à perdre, mais beaucoup à gagner». Les récentes opérations de démolition des nouvelles habitations illicites érigées ici et là, ont été menées sous la protection de la gendarmerie nationale. Souvent des occupants récalcitrants, comme ceux ayant érigé récemment une trentaine de baraques sur les décombres de l’ancien bidonville du ravin blanc à Carteaux, ont été expulsés manu-militari, sans pour autant enregistrer de troubles ou d’incidents. Ce qui montre bien que depuis toujours, c’est aussi l’impunité, le laxisme et l’absence de l’Etat qui contribuent aussi à la prolifération des bidonvilles devenus presque irréductibles.

Par S.Benali