samedi , 24 août 2019

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Inquiétant

Les nouvelles qui viennent du Golfe ne sont toujours pas rassurantes, et les bruits de bottes se font de plus en plus persistants. On a cette sensation qu’il suffit du moindre incident pour voir cette situation de ni paix ni guerre basculer brusquement dans l’affrontement. Avec des Américains qui soufflent le chaud et le froid et des Saoudiens qui ne cessent d’appeler à un soutien franc de ses voisins, des Arabes et des pays musulmans, avec l’organisation de trois sommets en trois jours (celui du CGC, de la Ligue arabe et de l’OCI), la tension n’est pas prête de retomber.
Car en face les Iraniens sont loin d’adopter un profil bas et se disent prêts à toutes les éventualités et tous les plans. En effet, Téhéran ne cède sur rien et maintient sa politique malgré les pressions américaines, refusant le blocus sur la vente de son pétrole et le déclarant haut et fort. Son engagement en Syrie reste total et son appui aux Houtis au Yémen est tout aussi assumé. Alors que sur le plan du traité nucléaire signé avec les Occidentaux c’est aussi la même fermeté et Téhéran refuse toutes les hypocrites propositions des Européens de revoir ce traité.
Autant dire que le décor d’une dégradation encore prononcée de la situation est bien planté. Un seul coup de feu et tout partira en vrille. Une autre guerre du Golfe est sérieusement mise sur la table et ne relève plus de la fiction. Il faut dire qu’entre les trois parties (les Américains, les Saoudiens et les Iraniens) il y a un lourd et compliqué solde tout compte à régler, et tout le monde y voit ici une occasion de s’y essayer enfin.
Et il faut dire aussi que dans cette extraordinaire pression, il y a très peu de parties qui jouent aux bons offices. La Russie et la Turquie se sont clairement positionnées pour l’Iran alors que les Américains savent qu’ils peuvent toujours compter sur les pays Occidentaux, au moment où l’Arabie Saoudite a déjà l’appui de plusieurs pays arabes et musulmans.
Donc, à tourner le problème dans tous les sens, on en revient toujours au même point : la situation est bien dangereuse et un affrontement militaire n’est pas du tout à exclure. Et bizarrement, tout le monde croit pouvoir trouver son compte dans un tel dénouement, aussi tragique qu’il soit.

Par Abdelmadjid Blidi