lundi , 17 décembre 2018

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Intolérance et manipulation

Ils étaient une dizaine d’écoliers, les yeux bien rougis et la mine bien triste en cet après midi de lundi. Leur chagrin avait une raison. Leur instituteur a refusé de leur organiser une petite fête à l’occasion du mablid ennabaoui. « Il nous a dit que c’est haram », disaient-ils, sans comprendre d’ailleurs pourquoi la « moualima » de la classe d’à coté a organisé cette fête avec ses élèves dans la joie et la salate ala nabi.
Nous ne nous étalerons pas ici trop longtemps sur cette école algérienne qui reste encore sous l’influence des islamistes, car ce n’est pas là le sujet de la chronique, même si nous le déplorons grandement. Car le sujet est cette nouvelle polémique créée encore une fois, de toute pièce, par les islamistes qui ont décrété cette fetwa qui fait du mawlid une bidâa (hérésie) et qu’ils ont classé ainsi comme haram.
Le ministre des Affaires Religieuses et des Wakfs avait déjà répondu à cette autre provocation des salafistes, déclarant que : «Celui qui veut empêcher la célébration du Mawlid Ennabaoui veut que les cœurs des jeunes se vident de l’amour du Prophète Mohamed (QSSSL), et qu’ils s’abreuvent de l’amour de Halloween ou de Noël !». Le ministre Aissa qui a toujours plaidé et défendu l’islam du milieu et d’ « el wasatiya » conforme aux traditions du peuple algérien, doit encore une fois monter au front pour faire face à des positions extrêmes qui s’abreuvent du wahhabisme de l’Arabie Saoudite qui n’a rien à voir avec la doctrine malékite de l’Algérie.
Mais plus que cette polémique du mawlid, on sait que c’est là, un procédé rodé des extrémistes qui veulent toujours mettre la société algérienne sous leur coupe, en faisant des sorties de la sorte, qui divisent les Algériens et font naître le doute au sein des familles qui ont depuis toujours trouvé dans cette fête une occasion pour se rencontre et reprendre langue autour de soirées religieuses et cordiales. Un genre de rencontre plus que recommandée par notre religion et qui s’appelle pour reprendre les termes religieux « silate el rahim ».
Mais les nouveaux imams de l’extrême ne font qu’exploiter l’islam pour des visées politiques et politiciennes. Et en ce point il n’y a au fond rien de nouveau, car on a vu pire dans les années quatre vingt dix, et payer dans nos chairs ces dérives et ces exploitations honteuses et dangereuses de notre religion.

Par Abdelmadjid Blidi