mercredi , 24 juillet 2019

La «banalité» des fléaux meurtriers…

Le monoxyde de carbone, les accidents de la route et la «hargua», conjuguent leurs effets néfastes pour accentuer le nombre de morts, victimes de ces fléaux récurrents. Pourtant, ni le gaz mortel provenant des défaillances d’installation du chauffage, ni les accidents routiers, ni les traversées clandestines ne sont le produit de catastrophes naturelles à inscrire dans la fatalité.
Commentant hier soir le nombre de morts recensés depuis le début de l’année sur le seul territoire d’Oran et sa région, les «mauvaises langues» locales tentaient abusivement de prouver que les gouvernants étaient seuls responsables de tous les maux et toutes les tares qui polluent aujourd’hui le paysage social et urbain. Il est vrai que souvent, les victimes du monoxyde de carbone ou du terrorisme routier n’avaient aucun choix, aucune autre alternative permettant d’échapper à leur tragique destin.
Seule une vigilance et une plus sévère prévention des pouvoirs publics, en termes de sécurité et de maintenance des équipements, aurait, peut-être, pu permettre de sauver quelques vies. Quand aux candidats à l’émigration clandestine, il serait faux, voire indécent de déclarer comme le font certains, que «les représentants de l’Etat garderont ces morts sur leur conscience.
En réalité, une grande majorité des victimes noyées lors d’une harga avortée avaient bel et bien le choix entre leurs propres mains: Celui de continuer de vivre dans leur quartier, malgré la déshérence et le quotidien difficile, ou, très souvent, celui de répondre aux sirènes de «la belle vie» et de l’argent facile. En ce domaine, à Oran un peu plus qu’ailleurs, on ne peut que blâmer ces nombreux acteurs faussement installés au chevet de la culture citoyenne et du progrès social, mais qui, en réalité, ne cherchent qu’à tirer profit du statut et des avantages offerts par l’Etat aux sphères associatives.
Les familles meurtries par le monoxyde de carbone, endeuillées par la noyade d’un proche harrague, ou même celles réellement mise en danger par le vieux bâti qui risque de s’effondrer, n’ont absolument personne sur le terrain associatif pour les assister et les soutenir dans une éventuelle démarche.
Pour ce qui est du vieux bâti, seuls les plus malins trouvent des astuces et se présentent à la presse locale pour interpeller les pouvoirs publics. Mais en règle générale, là ou sous d’autres cieux, un seul de ces «événements tragiques» aurait soulevé un vent de colère et une tempête médiatique, on reste chez soi bien installé dans le confort de la banalité et de la fatalité séculaire…

Par S.Benali