lundi , 17 décembre 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Réunion aujourd’hui Opep-non Opep à Vienne </span>:<br><span style='color:red;'>La bataille des prix bat son plein</span>
© D.R

Réunion aujourd’hui Opep-non Opep à Vienne :
La bataille des prix bat son plein

L’équation qui paraît simple, puisque les participants à la réunion de Vienne possèdent plus de la moitié des réserves mondiales, n’est pas moins hasardeuse, sachant que l’Opep et ses alliés n’ont pas la main sur un marché, en partie contrôlé par le schiste américain.

Les pays membres de l’Opep et leurs partenaires dont la Russie, ont rendez-vous aujourd’hui à Vienne, avec la ferme intention de baisser la production de plus d’un million de barils par jour. Les marchés ont même anticipé cette décision, puisque les cours de l’or noir qui s’étaient effondrés la semaine dernière, ont repris quelques couleurs hier, en se stabilisant au dessus des 60 dollars le baril. Cette remontée, quoi que timide, est le résultat direct d’une entente entre le président russe Vladimir Poutine et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) qui avaient annoncé lors du G20, qu’ils renouvelleraient l’accord de limitation de la production en 2019. Cela revient à dire une réduction de l’excédent produit par ces deux pays en prévision du retrait de l’Iran du marché pour cause de sanctions américaines.
La principale mission des ministres du pétrole Opep et non-Opep, consistera aujourd’hui, à se mettre d’accord sur un niveau de production susceptible de porter les prix autour de 70 dollars, un niveau qui arrange tout le monde, comme l’a souvent souligné le cartel pétrolier.
L’équation qui paraît simple, puisque les participants à la réunion de Vienne possèdent plus de la moitié des réserves mondiales, n’est pas moins hasardeuse, sachant que l’Opep et ses alliés n’ont pas la main sur un marché, en partie contrôlé par le schiste américain. Outre ce facteur économique, il existe une dimension politique que tous appréhendent dans la capitale autrichienne. En effet, l’Arabie saoudite subit une forte pression américaine, ce qui fragilisera l’alliance en question, d’autant que Riadh est lourdement empêtré dans l’affaire du journaliste opposant Jamal Khashoggi, assassiné au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul.
Cette donne politique peut être balayée par une réalité économique toute simple. En effet, les pays de l’Opep vivent dans l’espoir de voir la position de Washington évoluer, sachant que les producteurs américains de pétrole de schiste ont besoin d’un niveau élevé des prix pour que leurs exploitations aux technologies de pointe restent rentables.
L’espoir de l’Opep est également d’une autre nature. Il est en rapport avec sa capacité à avoir une position commune entre ses membres. On se souvient sur spectaculaire accord obtenu à Alger, grâce à une exceptionnelle opération de l’Algérie qui a réussi le tour de main de réunir les pays de l’opep et ceux non-Opep. C’était vers la fin de l’année 2016. Il en est sorti une alliance élargie, qui s’est fixé des objectifs de production et les a respectés. Ceci avait contribué à la remontée des prix du brut jusqu’à début octobre 2018.
La courbe haussière a amené les producteurs à assouplir leur discipline, d’autant que le monde risquait un choc pétrolier, avec les sanctions américaines contre l’Iran. Mais, au dernier moment, les Etats-Unis ont accordé des exemptions à huit importateurs, à des niveaux plus élevés que ne l’attendait le marché. Cette décision a provoqué le plongeon des prix de ces deux derniers mois, qui a fait effacer aux cours leurs gains engrangés depuis début 2017.
Lors de la rencontre d’aujourd’hui, les producteurs Opep et non-Opep sont mis au défi de s’entendre sur un nouveau plafond de production susceptible de provoquer une hausse des cours de plus de 10 dollars le baril. Le doute est permis, estiment certains observateurs, puisque les querelles au sein de l’organisation, entre l’Iran, le Qatar et l’Arabie Saoudite, sont aussi vives qu’avant la réunion historique d’Alger en décembre 2016.
Alger: Smaïl Daoudi