mercredi , 27 mai 2020
<span style='text-decoration: underline;'>TRAITEMENT CONTRE LE COVID-19</span>:<br><span style='color:red;'>La chloroquine sera fabriquée localement</span>

TRAITEMENT CONTRE LE COVID-19:
La chloroquine sera fabriquée localement

Les efforts de SAIDAL dans la lutte contre le Covid-19, ne concernent pas seulement la production de la chloroquine, puisque l’entreprise a déjà pris l’initiative de renforcer la production du Paracétamol et de la vitamine «C», deux médicaments intervenant dans la réduction des risques de la maladie.

Produit très convoité par l’ensemble des laboratoires, la Chloroquine pourra être fabriquée en Algérie. C’est le groupe pharmaceutique public, Saïdal, qui s’est proposé de développer le médicament «miracle» en Algérie. L’objectif est, bien entendu, de fournir les hôpitaux algériens dans la perspective de l’adoption officielle de la chloroquine comme entrant dans le traitement contre le coronavirus. Le directeur de marketing et des ventes au sein du Groupe, Youcef Ouakli, qui a fait l’annonce à la radio nationale, a donc révélé que «SAIDAL a procédé en coordination avec ses collaborateurs, juste après l’adoption de ce traitement en Algérie, à l’examen de la possibilité de son développement, une question désormais prioritaire pour le Groupe».
Cela dit, il y a lieu de souligner la difficulté de la mission, en raison de la saisie de toutes les quantités de la molécule mère de ce médicament par les pays fabricants. A cet écueil, il faut ajouter la décision d’interdiction de son exportation, prise par les pays-propriétaires de ladite molécule. C’est dire que la mission de SAIDAL ne sera pas aisée, mais M.Ouakil affiche un optimisme prudent, en soulignant avoir déjà «engagé les procédures nécessaires pour importer certaines quantités de cette molécule pour produire la chloroquine au niveau local». Cette acquisition et sa production ne coûtera pas beaucoup d’argent à l’opérateur public, puisqu’il sera possible de développer la chloroquine en tant que médicament générique. Le même responsable souligne qu’un partenaire étranger assurera la molécule mère. «Nous sommes à un stade avancé mais nous avons engagé les procédures nécessaires», a-t-il souligné.
Les efforts de SAIDAL dans la lutte contre le Covid-19 ne concernent pas seulement la production de la chloroquine, puisque l’entreprise a déjà pris l’initiative de renforcer la production du Paracétamol et de la vitamine «C», deux médicaments intervenant dans la réduction des risques de la maladie. Cela, en plus de la fabrication pour la première fois de gel hydroalcoolique. L’apport ne s’est pas arrêté là, puisque le Groupe SAIDAL a distribué gratuitement au profit des hôpitaux (via la Pharmacie centrale des Hôpitaux +PCH+), un total de 2,5 millions d’unités de Paracétamol, 500.000 unités de vitamine «C» et 20.000 flacons de gel hydroalcoolique ayant été produits à l’unité de Dar El Beida. «De nouvelles quantités devront être produites à l’usine de Constantine destinées aux pharmacies privées», apprend-on.
Cela pour l’action immédiate de l’entreprise. Pour ce qui concerne son plan de développement, l’on apprend que le Groupe pharmaceutique public, entend introduire 10 nouveaux médicaments à la liste de ses produits. Ces nouveaux produits viendront allonger une longue liste de près de 200 médicaments répartis sur 21 services médicaux, dont des antibiotiques, le traitement pour diabétiques et hypertendus et des anti-douleurs. Toute cette gamme de produit permet à SAIDAL de couvrir 8% des besoins du marché national. Cela reste plutôt modeste, lorsqu’on sait que la part du plus grand laboratoire mondial présent en Algérie tourne autour de 13%.
Le plus intéressant est attendu au début de l’année prochaine, puisque le groupe public entend se lancer dans la production de l’insuline injectable en flacon, en partenariat avec le laboratoire danois «Novo Nordisk». En sus de cette prouesse qui fera faire à l’Algérie de substantielles économies en devises fortes, SAÏDAL a l’ambition de produire des médicaments pour le traitement du cancer. Pour ce faire, le groupe est à la recherche d’un partenaire technologique spécialisé dans la fabrication de ce type de médicaments «coûteux et complexe». Un challenge de taille pour une entreprise qui intervient dans un secteur hyper sensible. Le coronavirus le démontre.
Yahia Bourit