vendredi , 23 août 2019

La corruption, un crime crapuleux

Les nombreuses instructions judiciaires concernant des affaires en lien avec la dilapidation de deniers publics, se déroulent dans un contexte, le moins qu’on puisse dire, est qu’il est pesant pour l’administration et pour pas mal de hauts fonctionnaires. La mise en cause dans ces affaires, de plusieurs ministres, de deux Premiers ministres et hauts cadres de l’Etat, donne un écho très important au travail de la justice. Le fait est, que les juges devront compter avec une opinion publique, visiblement tranquillisée par toutes ces révélations qui rythment la vie publique depuis la démission de l’ancien président de la République.
Le traitement médiatique de ces affaires n’est pas pour arranger les choses, pour la simple raison que la presse nationale participe à alourdir un climat déjà compliqué pour le commun des Algériens qui voient les hauts responsables défiler devant le juge et attend avec une certaine impatience que s’ouvre les procès.
Cette effervescence est valable en Algérie comme partout ailleurs dans le monde. A plus forte raison chez-nous lorsqu’on sait que la campagne anti-corruption est sans précédent dans l’histoire du pays. Bref, on comprend bien pourquoi l’ambiance est électrisée et à quel point la mission de la justice en pareilles circonstances est difficile.
Mais dans tout cela, il est entendu que la justice doit être rendue au nom du peuple algérien. Ce dernier, devra, d’une manière ou d’une autre, accepter le verdict final et réclamer une lutte efficace et permanente contre la corruption. Pour ce faire, une véritable démocratisation du fonctionnement de toutes les instructions de la République est nécessaire.
Cela suppose une véritable prise de conscience nationale quant à la menace que fait peser le fléau de la corruption sur la stabilité du pays et de la société. Il est clair que l’avènement d’un Etat de droit est l’une des principales revendications des millions d’Algériens qui ont arpenté les rues des villes et villages du pays, durant 24 vendredis d’affilés. Un corrompu comme son corrupteur doivent être considérés comme des criminels à combattre absolument. Il faut que la chose soit très claire. C’est le vœu qu’exprime la société et la condition incontournable pour l’émergence de la nouvelle République. Le propos n’est pas d’éradiquer le fléau de la corruption, mais de l’extirper du corps de l’administration et d’en faire un acte condamnable au même titre que le crime crapuleux.

Par Nabil.G