lundi , 17 décembre 2018

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La crise et le château de cartes

Même si le moral est quelque peu plombé par une inquiétante, mais relative baisse des prix du pétrole sur le marché international, l’année 2018 s’achève sur une note plutôt optimiste. Des milliers de familles mal logées ont eu leurs nouvelles habitations, des milliers de chômeurs ont trouvé du travail et des dizaines de milliers de travailleurs ont conservé le leur. Même si le ressenti au niveau de la société n’est pas aussi «brillant», des signes de relance de l’industrie nationale sont bien là et renforcés par les quelques grands projets structurants dans les industries minière et pétrochimique. Bref, 2018 pour l’Algérie n’aura pas été l’année de la déprime, à l’image de ce qui arrive dans de nombreux pays du monde. Bien au contraire, il faut bien reconnaître qu’à tous les niveaux, les Algériens n’ont pas vu que leur situation se soit franchement dégradée. Preuve que le pays est sur la bonne voie, quoi qu’en dise les détracteurs.
Pour résister aux effets directs et indirects de la crise financière, il est essentiel de conforter tous les acquis sociaux, économiques et culturels de l’Algérie. Il ne faut pas croire que la carte Chifa et sa généralisation, qui a été une grande réalisation, ne puisse pas être remise en cause, ou que le complexe de phosphate et autres raffineries, soient des acquis irréversibles ou encore que les nombreux festivals organisés aux quatre coins du pays soient à l’abri d’une déprogrammation ou carrément d’une annulation. Il est impératif de considérer que tout est sujet à régression, d’autant plus que toutes ces réalisations sont le fruit d’une manne pétrolière, peut être bien orientée, mais qui demeure tout de même une ressource que nous ne maîtrisons pas.
Et comment donc conforter tous ces acquis ? La réponse est très simple, en fait. Il suffit de fructifier tout cet investissement en rendant d’une manière ou d’une autre les Algériens responsables de leur devenir. En un mot comme en mille, 2019 devrait être l’année de la consolidation de la citoyenneté. Il faut amener les Algériens à s’approprier leurs usines, leurs produits manufacturés, leurs acquis sociaux à l’image d’une sécurité sociale qui passe pour être l’une des meilleurs au monde, leur conquête culturelle à travers les multitudes de festivals, qu’il va falloir trouver des moyens de financement autre que gouvernementaux. Cela pour dire que si la citoyenneté n’est pas au rendez-vous dans un proche avenir, l’Algérie de 2014 à 2018, celle de la résistance à la crise, aura été un château de cartes.

Par Smaïl Daoudi