vendredi , 21 février 2020

La «Culture» des sites historiques ?

En matière de la réhabilitation et de sauvegarde du patrimoine architectural ancien, les pouvoirs publics à Oran et ailleurs, ont depuis longtemps prouvé leur absence et leur incapacité totale à pouvoir mettre en place les moyens et les compétences permettant de mener à bien cette mission. Nul n’ignore à quel point le patrimoine et les monuments historiques classés, ont été livrés à l’abandon et aucune scandaleuse marginalisation indigne de la mémoire collective. Citons, pour illustrer le propos, l’exemple de la mosquée du Pacha et du Pamaos du Bey qui depuis plus de quarante ans, n’ont jamais bénéficié d’une grande action d’aménagement et de confortement permettant de les intégrer dans un quelconque circuit touristique ou promenade urbaine valorisant l’image de la ville. Sous d’autres cieux, des sites datant de la même période, ont été depuis longtemps convenablement réhabilités et parfois transformés en Musée attirant des millions de touristes. Il ne s’agit pas ici de comparer la Mosquée bleue d’Istanbul, construite en moins de dix ans par le Sultan Ahmed alors calife des musulmans, mais de noter simplement que les médiocres et futiles actions de replâtrage engagées ici et là à Oran, ne servent, au mieux qu’à cultiver les paradoxes et nourrir les illusions. Comment expliquer aujourd’hui que ce sont deux associations, Santé Sidi el Houari et Bel Horizon, qui activent fort heureusement sur ce terrain de la préservation, parfois en lieu et place de l’Etat devenant même parfois des «opérateurs» incontournables dans ce secteur de la préservation et réhabilitation des monuments anciens. Ainsi, par exemple, à défaut d’entreprise communale ou de Wilaya en charge de ces missions, l’Ecole nationale polytechnique d’Oran (ENPO), a retenu l’Association santé Sidi El Houari (SDH) pour un partenariat pédagogique portant sur plusieurs activités, en particulier la fourniture d’échantillons de pierres, de matériaux de réhabilitation du bâti ancien pour les besoins des travaux de recherche et l’accompagnement des élèves ingénieurs inscrits au département de génie civil. Il est vrai que l’Association SDH s’est forgée au cours des années, une bonne réputation en matière d’expertise des monuments anciens, grâce notamment à son école chantier et son expérience dans la préservation des anciens bains turcs situés dans le quartier de Sidi El Houari. Il y a quelques jours on apprenait que les deux sites, Palais du Bey et Mosquée du Pacha allaient être enfin restaurés grâce à la relance d’un vieux projet de financement de ce genre d’opérations inscrit dans le cadre de la coopération algéro-turque. Une fois tous les dix ans, les Oranais ont droit à ce genre d’annonces, mais constatent au final que les sites historiques de la Ville restent le cadet des soucis des gouvernants. Les associations Santé Sidi El Houari et Bel Horizon ont le grand mérite d’exister pour remettre à chaque occasion au cœur du débat ce dossier tant délaissé et marginalisé dans les programmes de développement. A l’image de tout le quartier historique de Sidi El Houari et de la Calére qui depuis des décennies attend toujours son fameux projet de restructuration et d’intégration urbaine. Car, il ne s’agit pas simplement de restaurer, de consolider des murs anciens et de restaurer des façades… Mais encore faut-il préserver, gérer et animer ces espaces à travers des actions et des projets intégrés au service de la Culture, de l’histoire, et du Tourisme. Mais c’est là un autre débat.

Par S.Benali