lundi , 9 décembre 2019

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La dure expérience de la démocratie

La Tunisie est-elle en passe de replonger dans de la crise politique, après le semi-échec du double scrutin? On pourrait le penser, et la réalité du terrain le démontre assez bien, compte tenu que les électeurs tunisiens ont choisi pour les deux consultations électorales, présidentielles et législatives, de créer une situation d’ingérabilité du pays. Ce ne sont pas les Tunisiens qui n’ont pas une bonne lecture de leurs scènes politiques, mais c’est les acteurs qui composent cette même scène qui semblent avoir totalement failli à leur mission. En effet, contrairement à la précédente équipe qui gouvernait le pays, celle attendue à l’issue des deux scrutins, aura tout le mal du monde à constituer une majorité stable, d’autant que les deux courants qui se disputent présentement la majorité relative sont à dix milles lieues, l’une de l’autre au plan idéologique. Et pour cause, l’issue des élections législatives, fera que la nouvelle équipe gouvernementale souffrira «du chaos» qui règnera au niveau de l’Assemblée nationale. Elue pour une mandature dans un contexte socioéconomique, pour le moins, difficile, l’expérience démocratique de la Tunisie risque de dilapider tout le crédit acquis au regard du reste du monde. Il est évident que les prochains mois seront perdus en palabres inutiles et discussions byzantines à vouloir trouver une majorité impossible.
On ne connaîtra pas de sitôt le nom du nouveau Premier ministre. La Tunisie se dirige droit dans le mur, puisqu’il est impossible en «temps humain» de régler les problèmes socioéconomiques et calmer une rue et surtout une campagne bouillonnante. La seule issue serait un retour à la légitimité populaire. Et lorsqu’on constate des taux de participations aussi faibles, on est en droit de douter de la solidité d’une démocratie qui a le malheur d’avoir une classe politique, à peine sortie de l’amateurisme.
En fait, le cul de sac où se trouve actuellement la Tunisie, est le fait de la manière qu’ont ses élites de gérer les affaires de l’Etat. Celles-ci sont confiées à des aspects strictement symboliques. La scène tunisienne est donc composée de personnages dénués de «flaire» politique. Ils n’ont pas su capter l’intérêt du peuple. Ils n’ont pas réussi à créer un «rêve probable» pour la Tunisie. Aussi, les électeurs se sont réfugiés derrière deux personnages que ni l’ex-Premier ministre, ni l’ex-ministre de la Défense, tous deux, candidats, n’avaient pensé pouvoir peser autant. Disons enfin, que la Tunisie qui expérimente la démocratie n’est pas la seule dans ce cas…

Par Nabil.G