jeudi , 16 août 2018

La faillite des comités de quartiers

Il y a plus d’une dizaine d’années, le Fort de Santa Cruz, inscrit au registre des images symboles de la ville d’Oran, était à l’abandon, livré au pillage de ses pierres de taille, vendues à de riches constructeurs de superbes villas, devenus des «opérateurs» ou des «notables», connus de l’opinion locale. Et c’est en grande partie, grâce à l’engagement et aux initiatives de quelques membres du mouvement associatif, engagés dans la préservation du patrimoine, que le monument fut sauvé de la dégradation et de l’oubli. Aussi, on ne peut donc nier ou remettre en cause, l’intégrité et l’honnêteté intellectuelle, de ceux qui luttent pour la sauvegarde des sites, monuments et autres bâtiments témoins onze siècles d’histoire de la belle cité oranaise. Et on sait que pour certains, cette lutte menée depuis quelques années, nécessitait beaucoup de courage et de ténacité, face à l’atavisme borné des adeptes de l’obscurantisme et de la régression planifiée. On ne peut dès lors, que soutenir et encourager les efforts et les initiatives, visant à réhabiliter le vieux patrimoine bâti. Mais sans pour autant interdire le questionnement et exclure le débat sur certains aspects, liés à la démarche et au contenu de cette politique de sauvegarde du patrimoine qui semble parfois avoir des contours imprécis. Beaucoup se demandent pourquoi, des opérations engagées avec succès pour la réhabilitation d’anciens sites militaires de l’époque espagnole, ne sont pas prises en exemple, voire en modèle, pour la sauvegarde et la préservation de bon nombre d’autres endroits et de lieux urbains chargés eux aussi d’histoire, mais qui risquent de disparaître peu à peu, de la mémoire collective. Citons, pour illustrer le propos, le trésor d’archives détériorées par l’humidité, de la cave du marché Michelet qui servait de local à la Société de géographie d’Oran, aujourd’hui en pleine agonie. En réalité, c’est toutes les politiques publiques de préservation de l’environnement et de maintenance du cadre urbain, qui connaissent aujourd’hui un échec cuisant, pour différentes raisons objectives. En premier lieu, l’incapacité du système de gestion des collectivités locales, à pouvoir instaurer et faire respecter les règles élémentaires de la citoyenneté responsable. En ce domaine, tout a été déjà dit et écrit, sur la faillite de ces nombreux comités de cités et de quartiers, composant le présumé mouvement associatif, installé au chevet de la ville.

Par S.Benali