jeudi , 16 août 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Corruption</span>:<br><span style='color:red;'>La Fifa suspend le président de la Fédération du Ghana</span>
© D.R

Corruption:
La Fifa suspend le président de la Fédération du Ghana

Le président de la Fédération de football du Ghana (GFA), Kwesi Nyantakyi, soupçonné de corruption, a été suspendu à titre provisoire par la Fifa, a annoncé vendredi l’instance internationale.

La veille, le gouvernement du Ghana avait annoncé qu’il avait «décidé de  prendre des mesures immédiates» pour dissoudre la fédération ghanéenne de  football, après les révélations explosives d’une enquête journalistique sur  la corruption de dirigeants et d’arbitres. M. Nyantakyi, également membre du Conseil de la Fifa, a été suspendu 90  jours à titre provisoire par le président de la chambre d’instruction de la  Commission d’éthique de la Fifa. Son dossier pourra ensuite être  éventuellement transmis à la chambre de jugement. Dans un documentaire explosif présenté mercredi à Accra, des journalistes  d’investigation affirment, images à l’appui, que le président de la  fédération ghanéenne est impliqué dans plusieurs délits de corruption  présumés mettant en jeu des millions de dollars de pots-de-vin. M. Nyantakyi a été piégé par des journalistes se faisant passer pour des  «investisseurs» potentiels à qui il fait miroiter de juteux contrats, dans  un film, «Number 12», présenté en avant-première au Centre international de  conférence d’Accra, en présence de nombreux diplomates et responsables  politiques. Plusieurs dirigeants de la fédération et arbitres sont également filmés  recevant des pots-de-vin pour influencer la sélection de joueurs ou truquer  l’issue de certains matchs de première ligue. Ce documentaire est le résultat d’une enquête de deux ans menée par un  journaliste infiltré (et son équipe), Anas Aremeyaw Anas, connu au Ghana  pour avoir révélé de nombreuses affaires de corruption ou d’abus de pouvoir  dans le pays. On y voit notamment Kwesi Nyantakyi proposer à de supposés investisseurs  financiers (en fait des journalistes) de lui verser 11 millions de dollars  pour leur faciliter l’accès à des personnalités clés du gouvernement  ghanéen, dans l’espoir d’obtenir d’importants contrats dans les domaines de  l’agriculture, de la construction et du pétrole. Fin mai, la police ghanéenne avait ouvert une enquête sur des allégations  de corruption à l’encontre du président de la GFA. Elle faisait suite à une plainte du chef de l’Etat Nana Akufo-Addo – basée  sur l’enquête du journaliste – selon laquelle M. Nyantakyi avait utilisé  «frauduleusement le nom et le bureau du Président» pour des affaires  personnelles. M. Nyantakyi a été interrogé et relâché en attendant la poursuite de  l’enquête dans son pays.