jeudi , 18 janvier 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Le Premier ministre malien depuis hier à Alger</span>:<br><span style='color:red;'>La force G5 et l’aide au développement au menu</span>
© APS

Le Premier ministre malien depuis hier à Alger:
La force G5 et l’aide au développement au menu

L’ Algérie qui a refusé de prendre part à la «militarisation» de la solution au Mali, continue de défendre son point de vue qui consiste à solliciter une aide internationale pour le développement socioéconomique du nord du Mali.

Axe central de la politique diplomatique algérienne, la sécurité au Sahel et plus particulièrement au Mali, sera au menu des discussions entre responsables gouvernementaux algérien et malien. A la faveur d’une visite de travail entamée hier par le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga, un point de situation sera fait des deux côtés, notamment de ce qu’il est advenu des accords d’Alger, dont la mise en œuvre souffre encore de quelques écueils. Cet accord, un véritable acquis que l’ensemble des protagonistes et beaucoup de puissances internationales, à l’image des Etats-Unis et la France, estiment fondamental dans le processus de retour de la paix au Mali, a été réalisé, après des années de négociations ardues, pilotées par l’Algérie. Laquelle joue «depuis toujours un rôle majeur et essentiel» dans la stabilité du Mali, a noté le Premier ministre malien. «L’Algérie joue depuis toujours un rôle majeur et essentiel dans la stabilité du Mali. A deux reprises au moins, elle est intervenue pour aider les Maliens à se retrouver entre eux, que ce soit en 1992 ou en 2015» a-t-il rappelé, à son arrivée à l’aéroport international Houari Boumediene.
Le décor est ainsi planté et le rôle de l’Algérie est mis en avant, puisque «la pierre angulaire» de tous les efforts du gouvernement malien à tous les niveaux, reposent prioritairement sur l’accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. En fait, insiste M. Boubèye Maïga, les relations entre les deux pays «puisaient leur source dans une histoire commune».
Le même Premier ministre qui a placé sa visite dans le cadre de l’excellence des relations algéro-maliennes. Il se trouve, cependant, que le Mali demeure un enjeu de stabilité régionale, mais dont la stabilité représente également un défi pour l’ensemble des pays de la région, à leur tête l’Algérie qui a, de tout temps, préconisé une solution inclusive au conflit politico-militaire qui secoue le pays depuis plusieurs décennies. Les interventions étrangères auprès des dirigeants maliens mettent à mal la concrétisation d’une réconciliation inter-malienne. La dernière «ingérence» en date, est la mise en place d’une force multinationale dénommée G Sahel où les armées de 5 pays de la région y ont leurs hommes. L’Algérie qui a refusé de prendre part à la «militarisation» de la solution au Mali, continue de défendre son point de vue qui consiste à solliciter une aide internationale pour le développement socioéconomique du nord du Mali.
D’ailleurs, l’Algérie qui participe avec une forte délégation à la Foire internationale de Bamako, est en phase avec ses positions diplomatiques concernant la question malienne. L’aide au développement manque cruellement de la part des Occidentaux, notamment qui préfèrent une médication sécuritaire. Dans ce «bras de fer» entre la thèse du soutien économique et celle du tout sécuritaire, l’Algérie tient bon et refuse toujours une approche guerrière.
Le Premier ministre malien discutera certainement avec son homologue algérien de l’aide que son pays attend de la part de l’Algérie, mais dans le même temps, il entendra les responsables algériens lui dire toute l’importance qu’accorde Alger à une solution inclusive basée sur les Accords de réconciliation signés à Alger.
Alger: Smaïl Daoudi