jeudi , 12 décembre 2019

La gestion des attentes et des préoccupations collectives

Sans nier les efforts et les engagements indéniables de quelques rares responsables ou gestionnaires élus qui se démènent au quotidien pour régler des problèmes et améliorer quelque peu des situations urgentes, on ne peut que constater chaque année l’ampleur des déficits, des échecs enregistrés et parfois même de la régression constatée dans bon nombre de secteurs sensibles. De l’école à la santé, en passant par la maintenance de la ville, l’environnement, la préservation du patrimoine historique ou encore la gestion de la croissance urbaine, rien de bien visible n’est à citer ou à applaudir hormis les quelques grands investissements engagés par l’Etat pour répondre aux besoins élémentaires de la grande cité oranaise. Il aura ainsi fallu prés de trente ans, et parfois bien plus, pour doter la présumée métropole de l’Ouest d’un nouveau grand hôpital, d’une grande mosquée, de périphériques routiers, de quatre ou cinq Hôtels de classe internationale, d’un centre d’expositions dit des conventions, d’un complexe sportif olympique et de quelques autres actions inscrites au registre des «exploits» et des «grands défis» souvent mis en exergue par le discours officiel. Mais ce n’est là, en réalité, que le minimum requis et demandé par une cité marginalisée depuis des années et souvent pénalisée depuis l’indépendance par une injuste planification et répartition des crédits affectés au développement et à la modernisation urbaine. A l’image de la concrétisation des projets d’alimentation en eau potable qui ont enfin permis aux oranais de boire de l’eau douce que depuis l’année 2005. La joie et l’euphorie ressenties alors allaient momentanément cacher les tares et la misère générée par un système de gouvernance défaillant. Aujourd’hui encore, beaucoup parmi les acteurs locaux en charge de la gestion de l’avenir de la ville, ne semblent préoccupés que par la «réussite» des actions conjoncturelles inscrites sur leur feuille de route. Des actions évoquées souvent depuis longtemps par les gouvernants en charge des différents secteurs, mais qui ne sont jamais concrétisées pour différentes raisons liées aux conjonctures sociales et aux dysfonctionnements de tout un système en panne de rigueur, d’efficacité et de crédibilité. Les bidonvilles, le vieux bâti, la clochardisation du cadre urbain, le squat des espaces publics, le commerce informel, l’éclairage et l’hygiène publique, les carences du transport, les aléas de la circulation routière, et bien d’autres questions encore demeurent ainsi depuis des lustres, toujours inscrites au registre des attentes et des préoccupations collectives. Jusqu’à quand?

Par S.Benali