lundi , 17 décembre 2018

La gestion des misères urbaines

Il y a quelques jours, un journal de la presse oranaise a publié un intéressant reportage sur les mendiants et les sans abris de plus en plus nombreux à travers les rues et les quartiers de la ville d’Oran. Des familles avec femmes et enfants, des mères célibataires, des mineurs et bon nombre de «marginaux» qui ne semblent avoir pour seul refuge que les trottoirs de la ville. En ce début du mois de Décembre, annonçant les grandes morsures du froid, on ne peut que s’interroger sur les raisons et les motivations qui poussent des citoyens démunis à venir «habiter» la rue des grandes villes, notamment à Oran. Tous les sociologues avertis s’accordent à dire que les causes sont nombreuses, allant de la misère et la précarité, en passant par des situations tragiques d’échec, d’abandon social et de dénuement. On constate en même temps que la grande majorité de ces malheureux mendiants squattant les trottoirs de la cité, viennent d’autres wilayas limitrophes ou lointaines. Car Oran, on le sait, s’est depuis longtemps forgé la réputation d’une ville hospitalière, accueillante et tolérante, où tout le monde peut avoir la chance de «réussir un nouveau départ» et d’entrevoir un avenir meilleur, quand tout, ailleurs, semble fermé et voué à la seule certitude de l’échec angoissant. Mais on sait que le «rêve oranais» vire le plus souvent au cauchemar pour les nombreux démunis en quête de subsistance avec de petits boulots. L’injustice sociale, les malheurs, parfois les tragédies sont vécus au quotidien par les femmes et les personnes fragiles soumises au diktat et aux violences de la rue. Mais il faut aussi reconnaître que beaucoup d’énergumènes tirent profit d’une situation de «SDF-sinistré», une situation choisie et improvisée pour bénéficier au plus vite des avantages d’un «système de gestion des misères par la seule distribution massive de logements, de faux-emplois, de crédits et d’aides diverses aux démunis. Comment comprendre que l’Etat qui dépense des sommes faramineuses pour construire des logements aux occupants de bidonvilles et aux mal-logés, ne puisse pas répondre aux besoins de ces milliers de sans abris et exclus de la société qui sont de plus en plus visibles sur le tissu urbain oranais ? Comment expliquer que des organismes sociaux et des infrastructures dédiées aux sans abris demeurent honteusement marginalisées et réduites à peau de chagrin quand les besoins en ce domaine ne cessent d’augmenter ?

Par S.Benali