vendredi , 20 septembre 2019

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La grande mobilisation

Pour un gouvernement qu’on voulait confiner dans les bureaux, le gouvernement Bedoui a fait une grande démonstration ce week-end à l’occasion de la rentrée scolaire. Pratiquement, tous les membres de l’exécutif ont été sur le terrain. A l’Est, à l’Ouest, au Nord et au Sud, les ministres ont été à la rencontre du corps enseignant, des élèves mais aussi de la population dans un cadre apaisé et studieux. Fait très rare, même le ministre des Affaires étrangères était de la partie et s’est déplacé à la wilaya de Tipasa. D’autres ministres, plus discrets jusque là, à l’image de la ministre des TIC, Imane Houda Feraoun a elle aussi renoué avec le terrain.
De mémoire de journaliste, c’est peut être là, la première fois que l’on voit que le coup d’envoi d’une année scolaire n’est pas donné par le seul ministre de l’éducation. Pourtant, ce gouvernement que l’on qualifiait d’un gouvernement de « bleus » et manquant cruellement d’expérience a réussi jusque là une chose que l’on a perdu depuis des années : une cohésion totale entre ses membres. Aucun ministre ne piétine sur les plates bandes d’un autre. Aucun ne remet en question les faits ou les déclarations de l’autre. L’esprit d’équipe et de sacrifice semble primer pour le plus grand bien des administrés que nous sommes.
On se rappelle, il y a pas longtemps de cela, ces phrases assassines entre ministres, entre eux souvent, mais aussi avec leur premier ministre. Des manques de cohésion mais aussi de soutien entre les membres d’un même exécutif qui paraissait se réjouir chacun des mauvaises passes de l’autre. Des comportements qui, en réalité, n’étaient que la partie émergée de l’iceberg, entre des personnes dont l’intérêt était bien loin de servir le pays et le peuple. Car servir le peuple était apparemment le denier de leur souci. Ils étaient bien au contraire trop occupés à se remplir les poches et à affamer le peuple, comme le démontre la grande campagne anti –corruption menée par la justice algérienne.
Les guerres sourdes entre le Fln et le Rnd, qui régnaient en maitres absolus sur tous les gouvernements qui se sont succédé ces 20 dernières années, et qui parfois remontaient en surface et s’étalaient sur la place publique, ont fait beaucoup de mal à l’économie nationale et ont ouvert la course à la dilapidation et à la rapine au détriment des intérêts suprêmes de la Nation.
Un temps que l’on espère révolu à jamais, grâce à la mobilisation populaire, qui aura comme finalité suprême l’organisation de ces élections présidentielles qui porteront au pouvoir un homme ou une femme démocratiquement élu et qui mettra en place les premiers jalons de cette nouvelle république à laquelle aspire tout un peuple.

Par Abdelmadjid Blidi