lundi , 21 octobre 2019

La «harga» de plus en plus convoitée..

Depuis ces trois dernières semaines, plus de 120 candidats à l’émigration clandestine, dont des femmes et des enfants ont été interceptés par les gardes côtes, lors de plusieurs opérations distinctes menées au large des côtes oranaises. Cette hausse soudaine du nombre de tentatives de traversées illégales et dangereuses reste difficile à cerner ou à expliquer. Le beau temps persistant ou la «conjoncture politique» plus favorable dit-on à la «harga». Selon des observateurs avertis, sur une dizaine de tentatives avortées, conduisant à un dramatique naufrage ou à une interception de l’embarcation par les gardes côtes, on pourrait compter aussi une moyenne de trois à quatre traversées «réussies», augmentant ainsi le nombre d’émigrés clandestins qui ont répondu aux sirènes de l’eldorado européen. Arrivés sur la côte espagnole, la plupart des harragas sont pris en charge par leur réseau, les amis ou leurs proches déjà installés et intégrés sur le terrain de la débrouille en attendant des jours meilleurs. Beaucoup arrivent à traverser l’Espagne pour gagner le territoire français sans encombres et trouver de meilleures «opportunités» de vie ou de survie. Tout a été déjà écrit et décrit sur ce fléau social qui ne cesse d’augmenter, malgré les mesures et les dispositions mises en place par les pouvoirs publics pour éradiquer le phénomène. Avec en premier lieu la lutte contre les «organisateurs» de traversée, proposant barques et matériels, qui profitent de ce «marché exécrable»  mais qui ne cesse de s’élargir, nourri par une demande croissante. On note que parfois même des personnes plutôt socialement aisées, des cadres mis en cause dans une affaire judiciaire, et d’autres acteurs au profil social peu concerné, empruntent le créneau de la harga pour quitter le territoire national. Les sérieuses restrictions sur l’octroi des visas par la France, et les rumeurs persistantes sur l’ouverture d’enquêtes sur la dilapidation du foncier, notamment à Oran, ne cessent d’alimenter toutes sortes de spéculation. Selon notre confrère à Ouest Tribune, un observateur des plus avertis, plus d’une cinquantaine d’acteurs, entre promoteurs, investisseurs, élus locaux, et présumés «hommes d’affaires» seraient actuellement dans le collimateur de la justice dans la seule Daïra de Ain El Turk. Une situation qui peut, il est vrai, alimenter «l’offre d’évasion» sur ce marché des traversées illicites occupé par de plus en plus de jeunes qui proposent différents moyens d’embarquement, de la simple barque de pécheur, au grand zodiac rapide et plus sécurisé…

Par S.Benali