mercredi , 24 juillet 2019

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La Harga ou le cycle infernal

Les gardes côtes ont encore intercepté une embarcation remplie d’Algériens en âge d’être utiles au pays. Entre vingt cinq et quarante ans, il n’y a pas mieux pour bien servir son pays et s’épanouir. Mais il faut croire que ces haragas-là, ne voient pas les choses du même angle que ceux qui nous gouvernent ou alors l’administration qui sert à véhiculer l’enthousiasme de nos dirigeants, déforme le message et en fait un bruit tellement désagréable que certains veulent mettre entre eux et l’Algérie des milliers de kilomètres.
Il serait néanmoins trompeur de tout mettre sur le dos de l’administration. Posons-nous la question de savoir combien, parmi les haragas, ont déjà souscrit, sans résultats, à un projet Ansej, cherché du travail pendant des années ou encore ont souffert de graves discriminations sociales. Il faut bien se rendre à l’évidence qu’en l’absence d’une étude sérieuse et poussée, l’on ne peut jeter la pierre à qui que ce soit, même si l’on peut, d’ores et déjà, diagnostiquer un certain mal-être chez ces jeunes qui risquent leur vie pour une chimère.
Il reste cependant, que quoi qu’on fasse, des haragas, il y en aura toujours tant que l’Europe conserve une avance sur l’Algérie en matière de développement humain. C’est dire que le petit entrepreneur que l’Ansej aura retiré du trottoir grâce à un projet, sera vite remplacé par un autre tout autant clandestin. L’administration peut véhiculer tous les enthousiasmes qu’elle veut, les jeunes ont l’impatience dans le sang et cela personne ne le leur enlèvera. Les multiples investissements de l’Ansej et de la CNAC produiront, certes, une nouvelle classe de petits hommes d’affaires. Ces derniers iront gonfler les rangs des « opérateurs économiques » qui sonneront tout le temps l’alarme en affichant un moral en berne.
Pendant ce temps, les Algériens continueront à fréquenter les marchés bruyants, mal organisés et truffés de vendeurs à la petite semaine. Ces derniers mettront le produit de leurs activités dans l’achat d’un GPS ou alors le mettront dans un bas de laine pour tout donner aux passeurs. C’est le cycle qui ne risque pas d’être rompu de sitôt.