jeudi , 21 novembre 2019

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La loi d’attente !

Les députés de l’APN planchent depuis hier sur la loi de Finances 2020. En commission, quelques amendements ont été apportés, histoire de rendre l’année prochaine un peu moins pénible pour les Algériens. Mais ce qui est sûr, et là, ni la commission ni le gouvernement n’ont «osé» y toucher, c’est que les prix du lait, de la semoule et de la farine, de l’essence, de l’électricité, de l’eau et du sucre n’augmenteront pas l’année prochaine. Les cadres du département de Mohamed Loukal, chargés de confectionner la Loi de finances complémentaire, ont reproduit, à la virgule près, les articles des trois ou quatre, voire des dix dernières lois de Finances, à l’exception de celles de 2017 et 2018 où les prix des carburants avaient légèrement été revus à la hausse. Cette stabilité qui se trouve être une bonne nouvelle pour les ménages, n’a rien à voir avec les dernières mesures gouvernementales contre les importations et encore moins avec une hypothétique poussée de l’industrie nationale.
Il faut dire que si les Algériens comptaient sur ces deux facteurs pour mieux appréhender leur avenir immédiat, ils risquent de passer la nuit dehors à ruminer un avenir plus qu’incertain. Non, la poursuite de la politique de subvention est en rapport directe, on s’en doute, avec le niveau encore appréciable des réserves de changes. Même si les prix du pétrole oscillent autour de 60 dollars, il reste encore de la marge dans le trésor public.
Un petit calcul permet d’y voir clair: la Loi de finance étant calculée sur la base d’un baril de pétrole à 50 dollars, il restera dans la cagnotte de l’Etat quelque 10 dollars. Si l’on multiplie tout cela par le million de barils de pétrole et les millions de m3 de gaz exportés quotidiennement par l’Algérie et on peut déduire que pour l’année prochaine encore, le pays ne sombrera pas dans le chaos, comme l’auraient souhaité quelques officines, même si les déficits se creuseront encore.
Tout cela est de nature à tranquilliser le front social, mais n’est en aucun cas la panacée à la crise financière que le pays vit depuis 2014. Les Algériens ont le double droit d’exiger de leur gouvernement qu’il relance la machine économique, sans qu’il ne leur fasse payer la facture. Le pays est assez bien outillé pour négocier le virage de l’émergence, tout en sauvegardant le niveau de vie atteint ces dernières années. Mais il faut tout de même souligner que le gouvernement Bedoui n’a pas confectionné une loi de relance économique, mais une simple loi d’attente. Et pour cause, ce sera au prochain gouvernement de s’atteler aux grands chantiers de la relance, en même temps que ceux de l’édification de l’Etat de droit. Ce ne sera pas une mince affaire…

Par Nabil.G