lundi , 22 juillet 2019

La longue agonie du stade Zabana

Évoquant l’opération de réhabilitation du stade Ahmed-Zabana d’Oran qui vient d’être annoncée par le responsable du secteur des sports à Oran, des observateurs de la scène locale se sont interrogés sur les contours et la fiabilité de cette énième action de remise en état de la plus ancienne et grande infrastructure sportive connue jadis sous le nom de «stade Fouques Duparc», le Maire de la période coloniale qui avait initié le projet. A l’époque, et plusieurs années après l’indépendance, ce stade municipal jouissait d’une grande renommée tant il avait un cachet urbain digne d’une grande ville, capitale de la région oranaise. Les anciens oranais se souviennent, notamment, de la prestation de l’équipe brésilienne avec ses anciennes stars, Pelé, Guarincha et bien d’autres, lors d’une rencontre avec notre équipe nationale. Avec le temps, la léthargie et surtout le laxisme criminel des anciens acteurs en charge de la gestion du sport et de ses infrastructures, le stade rebaptisé «Ahmed Zabana» allait sombrer chaque année d’avantage dans le délabrement et la dégradation avancée. Et en moyenne tous les dix ans, l’équipe municipale élue aux commandes de la Mairie annonçait le lancement de travaux de restauration et d’embellissement de l’infrastructure, sans pour autant réussir a éradiquer le fléau des tâtonnements et de la médiocrité. On se souvient, entre autres, de ce fameux dossier de détérioration des conduites d’assainissement et d’irrigation de la pelouse du stade qui a fini par brûler sous le soleil. Un ancien entraîneur des verts avait alors annoncé que le stade Ahmed Zabana ne pouvait accueillir un match de foot dans de telles conditions. Le terrain impraticable est resté donc fermé aux joueurs et aux spectateurs durant des années, jusqu’à la pose, il y a deux ans, d’une nouvelle pelouse. Aujourd’hui, c’est semble-t-il la prochaine édition des jeux méditerranéens qui aura lieu à Oran en 2021 qui motive une décision de prise en charge de la maintenance du stade longtemps abandonné. Les travaux, indiquent-t-on, concernent les gradins, la tribune officielle et les vestiaires, et l’installation d’un tableau électronique. Des travaux qui seront, nous-dit-on, achevés dans un mois afin de permettre au MCO de recevoir les équipes adverses dés le début du Championnat. Difficile de croire à un coup de «baguette magique» pouvant permettre de sortir le stade Zabana de sa longue agonie…

Par S.Benali