dimanche , 23 septembre 2018

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La même mission

On n’en parle pas. Ou on en parle rarement. Ce qui se passe en Palestine n’intéresse plus, c’est devenu banal. Des gens se font massacrer chaque jour, d’autres sont mis au cachot sans aucune forme de procès. La banalité a fini par s’installer et presque tout devient banal.
Nous concédons que la presse occidentale se détourne de ce qui se passe à Ghaza, c’est presque dans la norme des choses, mais les choses deviennent bizarres quand la presse arabe ne juge plus utile de rapporter toutes les exactions quotidiennes des sionistes contre des Palestiniens qui n’ont d’autres armes que quelques pierres face à des chars et des armes ultras sophistiquées. Pire encore, non seulement les medias arabes se désintéressent du calvaire de leurs frères palestiniens, mais ils ont osé franchir le pas pour souvenir l’Etat sioniste, comme vient de le faire la chaîne arabe «al Arabiya» qui a tenu à démontrer par A+B que les Israéliens sont dans leur droit et sur leur terre.
Un dangereux revirement qui, il ne faut pas se leurrer, ne reflète que les nouvelles positions exprimées par les leaders arabes. Mais ce que vient de commettre la chaîne «el Arabiya» n’est qu’une suite logique de ce qui était déjà dans l’air, avec des positions déjà exprimées par des intellectuels arabes, y compris algériens, qui ont épousé toutes les thèses sionistes et qui reprochent aux Palestiniens d’être presque des empêcheurs de tourner en rond.
Israël est défendu aujourd’hui par une bonne partie de l’intelligentsia arabe comme jamais auparavant. Et bizarrement, ce soutien dont on ne se cache plus, vient au moment où l’entité sioniste a réussi sa main mise sur pratiquement toute la région du Moyen Orient et où elle s’affiche comme le premier bénéficiaire de l’état de chaos général dans lequel baigne la région.
Au nom de principes, puissants leurs origines de la deuxième guerre mondiale, cette nouvelle intelligentsia arabe fait dans un excès de zèle qui intrigue et pose sérieusement les dessous d’une mission qui a été confiée à quelques journalistes, écrivains, sociologues et penseurs arabes qui font un travail de sape en mélangeant sciemment la religion musulmane et le terrorisme et en nous vantant en face les mérites de la démocratie israélienne.
Bizarrement, en ces moments où les Palestiniens, persécutés par la sauvagerie israélienne, ont le plus besoin de toutes les forces vives de la nation arabes et en particulier des intellectuels, il se trouve que ces derniers se sont trouvés au premier rang des défenseurs des thèses sionistes en polluant les cerveaux de leur congénères. Une mission en tout point similaire à celle des terroristes qui ont déjà bien terni l’image de l’Arabe et de l’Islam et dont ces pseudo-intellectuels en ont pris le relais.
Par Abdelmadjid Blidi