vendredi , 24 mai 2019

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La nécessaire organisation

Il s’agit en réalité de ne pas laisser la flamme se décrépir. Il faut raviver cette flamme des premiers jours et continuer à investir la rue jusqu’à la satisfaction des revendications du Hirak. La mobilisation des étudiants hier entre dans ce cadre, mais il ne faut pas se mentir, ce n’est pas tout à fait la même chose. Il y a forcement quelque chose de moins. Pas tout à fait une lassitude, ni un essoufflement, mais un moins quand même.
Car si à Alger, il y avait plus ou moins foule, ce n’était pas le cas ailleurs. D’ailleurs, dans certaines wilayas le nombre des manifestants bouclait difficilement les 200. Mais ceci est dans l’ordre des choses, et c’est un développement logique qui devait arriver un jour ou commencer à arriver. Bien sûr dans ce cas précis, on ne peut savoir avec exactitude si ce début de changement est du à un essoufflement général ou bien du aux conditions difficiles du mois de jeûne.
Donc, il faut faire attention à ne pas faire des conclusions hâtives et sortir avec des analyses loin de ce que le terrain et la mobilisation démontreront dans les semaines à venir. Mais en maintenant ce degré de présence et de mobilisation, le Hirak aura fait, déjà, preuve d’une grande détermination, mais ceci ne peut pas occulter ni cacher le fait qu’il est peut être temps d’entrer dans une phase plus concrète et se décider à opter pour une organisation plus à même de faire bouger les choses.
Bouger les choses, pas uniquement pour ce grand moment d’histoire que nous vivons, mais surtout pour l’avenir du pays. Ces formidables jeunes doivent être la relève que nous espérions depuis l’indépendance et ils doivent être les garants et les défenseurs de cette nouvelle république qui se dessine. Et il est peut être venu le temps de voir des partis politiques et des associations naître de la matrice de ce formidable élan populaire. Des partis et des associations convaincus de l’obligation du choix démocratique qui a été amorcé ces derniers mois et qui a vu le peuple prendre son destin en main.
Un destin qu’il s’agit de protéger aujourd’hui et de lui assurer une continuité dans le temps. Une protection et une continuité que peuvent et doivent d’ailleurs défendre ces nouveaux partis de la liberté qui écriront un nouvel avenir politique pour le pays. Et il est peut être venu le temps d’entrer dans cette nouvelle organisation qui sera le vrai relais pour cette formidable mobilisation qui ne peut s’arrêter sans injecter dans le paysage politique ces nouveaux jeunes et moins jeunes qui ont changé le cours de l’histoire de notre pays et qui doivent être encore là demain.

Par Abdelmadjid Blidi