mardi , 11 décembre 2018

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LA PLANETE EN FEU

Au cœur du nouveau monde de la modernité, du numérique, de la technologie, du tourisme lunaire, des plaisirs irréels et des phantasmes à l’infini, les maître absolus de cet univers inégal finiront tous au purgatoire des auteurs maudits. Ils rejoindront les continents démunis et surexploités par le capitalisme lorsque la planète aura fini de se consumer. Ils n’échapperont pas au feu qu’ils ont contribué à répandre aux quatre coins du globe à travers leur insouciance des effets de serre et du réchauffement climatique qui, désormais s’est bien installé et ne pardonne plus. L’humanité est entrée dans une nouvelle phase de son évolution : le réchauffement global de la terre interpelle depuis longtemps les dinosaures politiques de XXIe siècle, sans aucune réaction drastique de la part de ceux qui détiennent les clés de la science infuse, tous obnubilés par le souci de produire toujours plus, de s’enrichir, de défier les limites de la croissance et de l’économie.
 Pourtant, nombre de chercheurs et de scientifiques attirent l’attention sur la dégradation de la planète, la présentant comme une terrible menace, une fin irréversible. Dans son gigantesque ouvrage édité en 2007, « Economie et défis du réchauffement climatique », Charles S. Person avait annoncé les couleurs : «comme les guerres et la pauvreté, le réchauffement climatique figure au premier rang des défis. Il s’agit d’une menace prospective, gérable si l’on mobilise rapidement des actions préventives ». Autant d’appels qui ne semblent pas avoir dérangé les consciences, faute de concilier les énormes et éternelles divergences d’intérêts et de capacités. Le dernier en date, le plus édifiant, est signé du président-milliardaire américain, pratiquement le seul chef d’état au monde à se démarquer théâtralement d’une action réellement unanime et prospective, la COP 21 initiée par l’ex président François Hollande en 2015, soutenu durant son mandat par Barak Obama, puis réactualisée en 2017 par Emanuel Macron. Donald Trump n’a ni consenti à parapher le protocole universel de réduction des émissions de gaz à effets de serre, encore moins de faire semblant de s’engager de plonger sur l’étude de techniques théoriques et empiriques pour contrer le réchauffement climatique. Les experts qui s’accordent tous à estimer ce réchauffement à 2 ou 5 degrés d’ci 2025 n’arrivent pas à le convaincre. Pour l’instant du moins.
Dans l’esprit des grands décideurs de cette planète qui ne compte plus ses brasiers, la panique s’installe. Les températures à la surface du globe augmentent à un rythme croissant.  Depuis 1920, elles ne s’élevaient que de 0,78% par an. le GIEC, l’acronyme du Groupe d’Experts Gouvernementaux sur l’Evolution du Climat, vient de reconnaitre que ces 12 dernières années auront été les plus chaudes de l’histoire. Les incendies et les séismes qui s’enchaînent dans tous les hémisphères en ce siècle confortent les hypothèses d’un danger qui pèse sur la terre. Les USA, la Chine et les partenaires de l’OCDE, ces économies qui empoisonnent le plus l’environnement par leurs gaz à effets de serre et demeurent inamovibles, vivent pourtant au quotidien sur les risques d’embrasement. La vague de chaleur qui inonde le monde entier suscite l’inquiétude. Le régime qui n’était réservé jusque là qu’aux pays du sud vire vers le nord. Des pays généralement épargnés par ces pics de chaleur s’éveillent à des temps nouveaux, inconfortables et délicats. La Scandinavie, temple des icebergs, brûle sous un niveau de 30 degrés. En Suède, plus de 25.000 ha sont partis en fumée à la mi juillet. Des records absolus ont transformé le cercle polaire arctique avec des chaleurs jusque là jamais vécues. La Sibérie et les espaces de la Baltique ont croulé sous des pics, provoquant même des incendies en Lettonie. La Grèce, le Portugal, le sud de l’Espagne continue de souffrir et de se battre avec des incendies inhabituels, allumés par des températures de 47 et de 47,3 pour la péninsule ibérique et pour la province portugaise du sud, l’Alentejo.
 L’Europe est en ébullition et l’ardoise pourrait peser lourd. En Allemagne, les récoltes de céréales se réduiraient déjà à 20%, tandis que pour la Norvège dessinée entre lacs et fjords, la sécheresse engendrerait des pertes de 30 à 50% par rapport aux rendements habituels. Des conséquences logiques affirme l’ONG World Weather,  « induites par des activités humaines qui modifient le climat ».
Désormais dans le monde, le souci principal est de savoir « Comment mieux vivre la canicule ». Un nouveau rapport relayé par la revue « Nature » annonce que « 75% des habitants de la planète risquent de mourir de la canicule d’ici 2100. La chaleur qui tue déjà dans des contrées comme l’Inde, et curieusement au Québec qui a enregistré 54 morts ces dernières semaines, ne peut plus être perçue que comme une problématique économique et sociétale. Ce phénomène de réchauffement se pose à présent comme un facteur déterminant de survie. Croisons les doigts.
Par Fayçal Haffaf