mercredi , 22 janvier 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Loi sur les hydrocarbures </span>:<br><span style='color:red;'>La polémique bat son plein</span>

Loi sur les hydrocarbures :
La polémique bat son plein

La posture de l’UGTA, qui rejoint certaines déclarations émanant de responsables politiques, tranche avec d’autres avis qui ne voient pas dans cette loi un quelconque motif de crainte pour la souveraineté du pays sur ses hydrocarbures.

Le projet de loi sur les hydrocarbures n’a visiblement pas fini de susciter des réactions de toutes sortes et de tous bords. Ainsi, après les partis politiques qui ont porté un regard critique sur le texte et les experts qui ont été bien plus nuancés sur les tenants et la aboutissants du projet de loi, c’était, hier au tour des syndicalistes de l’UGTA et plus précisément les cadres de la Fédération nationale des travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie qui s’est exprimée sur le sujet.
Dans un communiqué rendu public, ladite fédération, affiliée à l’UGTA, a estimé que le texte a été «approuvé dans une certaine opacité». Les syndicalistes du secteur pétrolier en veulent pour preuve que l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures «n’a pas été soumis à la concertation des partenaires sociaux conformément à la tradition lorsqu’il s’agit de textes fondamentaux et d’importance cruciale engageant l’intérêt national».
Bien que les rédacteurs du projet ont mis plus de deux ans à le confectionner et ont pour ce faire, certainement consulté beaucoup de monde, dont des syndicalistes, à la Fédération des pétroliers, ont été formels: l’UGTA «n’a pas été associée au processus d’élaboration du texte et n’en a pas été dûment informée».
Une affirmation assez inhabituelle de la part de la centrale syndicale qui met en évidence un fait «inédit» et contraire «aux usages en vigueur depuis l’adoption de la loi sur les hydrocarbures de 1986».
Cette sortie est, faut-il le relever, assez peu traditionnelle et n’est pas dans les mœurs de l’UGTA qui, en 2017 était l’un des partenaires privilégiés du gouvernement de l’époque où il planchait sur le dossier. Le communiqué de la Fédération nationale des travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie n’en démord pas et affirme que cela s’est déroulé «comme s’il y avait une volonté de ne pas discuter le contenu de l’avant-projet et d’en faire une loi du fait accompli. Une loi à adopter sans un des principaux partenaires sociaux qui se voit ainsi écarté, et en dehors de toute information de l’opinion publique nationale».
L’accusation est, on ne peut plus grave et consacre le divorce entre l’UGTA et l’exécutif. La Fédération va même plus loin, et dit «se poser des questions à propos de l’empressement à voter une loi à forts enjeux stratégiques pour le pays, à quelques semaines seulement de l’élection d’un nouveau président de la République, élection qui sera suivie d’un nouveau scrutin législatif qui verra le renouvellement profond de la représentation politique nationale».
Cette posture qui rejoint certaines déclarations émanant de responsables politiques, tranche avec d’autres avis qui ne voient pas dans cette loi un quelconque motif de crainte pour la souveraineté du pays sur ses hydrocarbures. Des experts et autres politiques, notamment des députés, pointent du doigt une volonté de certains d’enfourcher le cheval de la loi sur les hydrocarbures pour réaliser une opération politique. Ils affirment dans leurs plaidoyers, que ladite loi n’est pas différente de celle qui est déjà en vigueur, les amendements n’ont pas porté sur le fond, mais sur quelques aspects, avec l’objectif avéré de rendre le secteur des hydrocarbures plus attractif aux investissements étrangers.
Ces deux visions qui s’entrechoquent sur fond de précampagne électorale pour l’élection présidentielle, donnent de l’écho à une scène nationale qui trouve dans cette nouvelle polémique un carburant qui relance un débat qui n’est pas près de finir, celui de la sacro-sainte rente pétrolière qui pend au cou de l’Algérie depuis plus de 50 ans.

Anissa Mesdouf