lundi , 21 octobre 2019

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La présidentielle est une étape…

Les délégations communales de l’Autorité nationale indépendante des élections commenceront à être installées dès aujourd’hui. C’est, disons-le franchement, le coup de starter d’un processus politique vital pour le pays, en ce sens qu’il rétablira la légalité constitutionnelle et donnera à l’Etat une institution présidentielle, à même de lancer les bases d’une nouvelle République. Il faut dire que le prochain scrutin devrait établir, une bonne fois pour toute, le caractère irréversible des élections en tant que mode de gestion des institutions élues.
Depuis 1995, année du retour du processus électoral qui a vu l’élection de Liamine Zeroual à la présidence de la République, l’Algérie n’a manqué qu’un seul rendez-vous avec les urnes, celui du 19 avril dernier. Même si certaines élections étaient ouvertes à la supervision internationale, d’autres pas, elles n’étaient jamais totalement convaincantes, en ce sens qu’elles ont toujours fait des mécontents au sein de la classe politique, ainsi qu’au sein de l’opinion. On en a pour preuve les faibles taux de participation, à chaque consultation électorale. Mais il y a lieu de retenir que toutes se sont déroulées dans de bonnes conditions. L’on n’a pas vu de bagarres autour des centres de votes, ni de batailles rangées entre partisans de candidats avant ou après un meeting électoral. Mais à voir le sort réservé à la dernière élection présidentielle, il faut croire que le calme dans le déroulement d’un scrutin ne suffit pas pour garantir son caractère démocratique.
Bien que l’attitude des électeurs était qualifiée par certains de désintérêt de la chose politique en Algérie, il a été clairement établi que la société politique algérienne ne satisfait pas la majorité des citoyens. Et encore moins les jeunes générations qui, sans s’insurger contre l’élection en tant que mode moderne de désignation des responsables politiques locaux et nationaux, semblent reprocher à ces hommes politiques beaucoup d’insuffisances. L’émergence du mouvement populaire en dehors de tout contrôle partisan prouve, si besoin, que la jeunesse algérienne ne s’identifie pas aux leaders partisans.
Ceci étant dit, il est nécessaire que les deux sphères se rapprochent dans l’intérêt du pays. La prochaine élection présidentielle peut être l’instrument de ce rapprochement qui n’est en réalité qu’un instrument entre les mains des politiques pour amener la jeunesse à s’intéresser à la chose publique, non pas seulement via des manifestations de rue, mais à travers une contribution effective à la vie de la Nation. En d’autres termes, les partis doivent absolument trouver les moyens d’intéresser les Algériens, dans le discours et dans son propre mode de gouvernance interne. Car la prochaine présidentielle n’est qu’une étape dans l’édification de la nouvelle République. Au final, il faut arriver à une situation où le jeune se retrouve dans la pratique politique.
Par Nabil.G