dimanche , 28 mai 2017

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LA PSYCHANALYSE DE NOTRE SYSTEME INTERNET

Il faudra bien un jour tenter une psychanalyse de notre système internet. A force de le présenter comme un produit hyper performant, alors qu’en réalité il ne supporte pas la comparaison avec ce qui se propose dans les autres pays maghrébins ou l’Egypte les responsables se font railler par les consommateurs. Evidemment qu’ils vivent quotidiennement au diapason des nouveautés et du niveau des technologies de ce secteur dans la planète terre, et découvrent les indigences et les arnaques qui trop souvent, meublent les offres des entreprises du secteur. L’exemple des débits internet commercialisés par, presque constamment inférieurs à ce que nous payons rubis sur ongle, s’est mué en habitude qui ne semble nullement déranger les institutions compétentes. Le client choisit de se doter d’un méga, il ne perçoit dans son produit que presque la moitié. Il décide plus tard, en concédant le double de son budget internet, d’élever sa couverture internet à 2 mégas, il n’en recevra que la moitié. Dans l’univers du cellulaire, les passages à grands effets d’annonce du GPRS à la 3G, puis de cette norme à la 4G n’apporte pas toujours les conforts et facilités de navigation promises. Certes, d’une génération de connectivité à la suivante, séduisent des brilles d’améliorations. Mais pas en continue. La lancinante faiblesse de couverture d’internet, voire de temps à autre sa disparition, constitue la marque de fabrique de notre armature numérique. Toute la société se gausse de cette qualité de service des offres internet en Algérie, durablement approximative et peu crédible aux regards du grand public. Et des étrangers de passage.
En fait, si dans notre pays, les dernières technologies de l’information et de la communication se sont arrimées à l’orbite universelle de l’astre numérique, avec le défi de rattraper les énormes retards accumulés dans ce domaine, notre paysage numérique brille par son aspect poussif. Chaque client, dans une circonstance précise, s’éveille aux fêlures originelles qui essaiment le secteur derrière sa superbe. Elles meublent même un des syndromes de notre développement, à faire causer les colloques et les colonnes de la presse. Si ce n’est pas le câble sous marin de la fibre optique entre Annaba et l’Europe qui polarise l’actualité, parce que d’imaginaires poissons carnivores tentaient de le dévorer, ce sont les coupures intempestives de la connexion internet qui créent le stress dans les entreprises et auprès du grand public. L’Algérie pointe à la 179ème place mondiale en termes de débit internet, à la traîne derrière nos voisins maghrébins et quelques pays arabes plus nantis dans ce registre. Notre taux de pénétration d’internet progresse, notamment grâce au déploiement fulgurant du réseau mobile. Cependant et selon des statistiques dressées en 2016, dans notre continent, les Seychelles avec 57,90% et l’Afrique du Sud, 52%, incarnent les leaders de l’avancée internet dans les foyers et dans le monde du travail. Enfin, l’Union Internationale des Télécommunications indiquait que la part de chaque usager algérien dans la bande passante internationale internet demeurait assez faible par rapport à des pays de développement comparable. Dans le département des NTIC, nous n’avons pas fini de parler de cette fameuse bande passante, cet outil qui génère de l’insomnie à Mme Houda Feraoun et aux usagers professionnels ou grand public.
Plus crûment et plus significatif des servitudes de l’unité phare de notre environnement numérique, Algérie Télécom continue de se signaler par, selon les propos même de Mme Imen-Houda Feraoun « une gestion archaïque ». Visiblement, elle affiche de graves courbatures dans son dos parce qu’elle n’a pas su, ou pu, épouser le rythme effréné de la modernisation et des greffes technologiques imposées aux entreprises qui se nourrissent de l’activité numérique. En face, le panel des opérateurs démontre bien qu’ils n’étaient pas préparé à œuvrer dans le tourbillon commercial de la communication cellulaire. Les agences étouffent sous le poids des clients, et donc, effets naturels obligent, le personnel craque sous la pression quotidienne, dans un paysage de fous. Allez payer vos factures dans ces espaces et vous verrez : dégoutés par les chaînes et le temps imparti pour les clients, Entre temps, à travers le monde et grâce à internet, les usagers n’honorent leurs dus que par un clic dans le confort de leurs domicile ou de leur bureaux. Sinon par virement bancaire à partir d’un…..distributeur de billets de banque.
L’âge du numérique n’a donc pas encore sonné en Algérie. Pour enfin le lancer, le détonateur s’appellera « Groupe Télécom Algérie ». Une nouvelle entité qui rassemblera Algérie Télécom, Mobilis et Algérie Télécom Satellitaire. Une énorme enseigne déjà agréée par le Conseil de Participation de l’Etat, dont le champ d’action s’étendrait dans toute l’Afrique par des offres de service satellitaires.

Par Fayçal Haffaf